Vendredi 18 mai 2012
Partagez :

Se libérer de toutes les formes d’idolâtries modernes

Dans sa dernière chronique du mois de Ramadan, Eric Younès Geoffroy définit ce qu’est la théologie spirituelle de la libération. Cette théologie appelle à revenir au principe du Tawhid (unicité de Dieu). La soumission au Dieu unique est élévation, puisqu’elle libère de toutes les formes d’idolâtries modernes, comme l’argent, le consumérisme etc… Islamologue, maître de conférence au département des études islamiques et arabiques de l’Université Marc Bloch à Strasbourg, Eric Younès Geoffroy est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « L’islam sera spirituel ou ne sera plus » .

Publicité Oumma Media

Commentaires

X
0 points

Éric Geoffroy pose brièvement cette question : « Sommes-nous assez libérés pour accueillir le tawhîd, l’unicité de Dieu pour qu’il habite en nous ? ».
Il indique les réponses des théologiens islamiques de la libération comme l’iranien Muhammad Mujtahed-e Shabestari (mort en 1977) et l’algérien Malek Bennabi (mort en 1973). Shabestari a été interdit d’enseignement à l’Université de Téhéran, pour avoir dit que la révélation coranique, bien que d’origine divine, comportait une inévitable part humaine due au transmetteur de cette Parole, à savoir le Prophète de l’islam. Cette interdiction rejetait l’appel aux sciences humaines contemporaines pour interpréter le Coran. Bennabi est l’auteur du Phénomène coranique. C’est dans cette ligne que l’histoire, la sociologie, la linguistique et l’analyse littéraire ont participé à l’interprétation du Coran.

Pour nous libérer il convient sans doute comme le dit Geoffroy de distinguer des identités culturelles, différentes d’autres spécifiquement religieuses. La religion fait certes partie de la culture mais la foi dans l’unicité divine nous libère d’idolâtries. Elle nous met « en cohérence et en harmonie avec le cosmos » et le Dieu unique.

X
0 points

Liliane, vous avez écrit Shabestari, qui lui vit toujours (je crois) alors qu’Eric Geoffroy parle de Ali Shariati, qui n’était pas à proprement parler, comme Shabestari, un exégète, mais un penseur qui a bcp réfléchi sur l’expérience de Karbalâ (martyr de Hossein) pour promouvoir une ’culture de la révolution’ (s’opposait au régime du Shah). Il a écrit aussi, dans la même idée de lutte contre les injustices et discriminations (ici, celles faites aux femmes), "Fâtemeh c’est Fâtemeh". On peut lui reprocher une vision maximaliste de la religion. Je vous recommande un livre (la plupart des autres ouvrages sont des retranscriptions de conférences (un peu comme Iqbal, dont il était un fervent admirateur) : "The Hajj".

Sur Shabestari, sa thèse repose principalment sur la notion de Blick, il rejoint en effet ces penseurs un peu iconoclastes comme Fazlur-Rahmân, Arkoun, Abou Zayd (récemment disparu), Soroush...

X
0 points

Je viens de contrôler qu’Eric Geoffroy parle bien de Shariati. Mes oreilles m’ont joué un tour...Je dois aussi revoir les références qu’en donne l’auteur de l’Islam sera spirituel ou ne sera plus…

Oumma.com nous a présenté les théologiens islamiques de la libération sous la plume de Mohamed Tahar Bensaada, Ph.D de l’université de Montréal, tant Shariati (1933-1977) que Bennabi (1905-1973) etc.

Les éditions Al-Bouraq ont publié récemment plusieurs livres de Shariati :
• L’Omma & l’Immat, La communauté islamique et la direction spirituelle et temporelle, Al-Bouraq, 2007
• Muhammed, de l’hégire à la mort, Al-Bouraq, 2007
• Fatima est Fatima, L’idéal universel féminin, Al-Bouraq, 2009
Chacun connaît le Phénomène coranique de Bennabi (1946)

Tous deux ont eu des parcours politiques périlleux. Éric Geoffroy précise qu’ils ont été persécutés (Shariati a souffert la prison et sa mort est suspecte).

La spiritualité n’empêche pas de courir des risques. La question des relations entre spiritualité et politique se pose…en présence de l’unicité divine.

Éric Geoffroy donne une réponse très parlante avec la perception des deux yeux qu’il préconise conformément au Coran : L’œil droit tourné vers le tawhîd, l’unicité divine, et le gauche vers la connaissance du monde des phénomènes, où il convient de distinguer les apparences et la réalité.

Sa référence à Khadir est à revoir d’une manière si probante en 18,65-82. La science, par delà et non en deça de la lecture du Coran, est bien une tentative qui permet de déjouer les apparences comme le bon usage de la foi et de la raison sans contradiction...

X
0 points

Merci Leila pour votre correction !
Je me suis précipitée pour corriger mon erreur et j’ai omis ; grossièrement, de remercier celle qui me l’a fait voir.

Joyeuse fin de ramadân !

X
0 points

Il n’y a pas de quoi, Liliane.

Joyeuse fin de ramadân

Merci.

Leila.