Mercredi 8 February 2012
Partagez :

Rony Brauman : "Je suis contre la notion d’ingérence humanitaire"

Au programme d’OummaTV, un entretien avec Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières France (de 1982 à 1994) et professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris. Dans cette interview, Rony Brauman nous livre sa vision de l’humanitaire qui "doit être pacifique par définition", et s’oppose "aux notions de droit et de devoir d’ingérence humanitaire" qu’il considère être " une pratique politique s’inscrivant dans les rapports de force entre Etats." . Auteur de plusieurs ouvrages, Rony Brauman vient de publier ’’Humanitaire, diplomatie et droits de l’homme’’ aux éditions du Cygne.

Publicité Oumma Media

Commentaires

X
0 points

salut RONY , nous sommes en accord avec toi sur l ensemble de tes avis et tres heureux que tu existes .SALAM....AMAR

X
0 points

Ce monsieur a toujours fait preuve d’une grande intégrité intellectuelle , ce qui lui a valu le qualificatif de "traitre" par les bien-pensants hyper médiatisés et qui n’hésitent pas à abuser de leur monopole des médias pour dénigrer et stigmatiser toute voix osant démontrer leurs abus et leur médiocrité.
Mes respects Monsieur Brauman.

X
0 points

Commençons déjà par exiger le droit d’ingérence en France pour le nombre record de suicides en prisons, de morts de SDF, de femmes battues et d’interpellations policières musclées entraînant la mort. Ce droit aurait déjà dû être exigé en 2003, après la mort de 15000 personnes âgées, en France (oui, pas au Katanga ...)Ce droit aura d’autant plus de chance d’être adopté par tous les pays si les éternels donneurs de leçons montrent l’exemple en ouvrant leurs portes à des enquêteurs libres et crédibles et qui ne soient pas payés par le pouvoir en place. Mais bon, on a tous le droit de rêver à défaut d’appliquer celui de l’ingérence...

X
0 points

Tout à fait d’accord avec vous Mr Rony Bauman. Surtout si lorsque l’on parle d’ingérence humanitaire, on se rend compte qu’elle se fait sur la politique du deux poids deux mesures.

Elle était où l’ingérence humanitaire quand les Palestiniens se faisaient bombarder au phosphore ?

Elle était ou l’ingérence humanitaire quand les convois de la croix rouge étaient bloqués à la frontière israelienne pour les empêcher de secourir les Palestiniens ?

L’ingérence humanitaire sous couvert de trafics je crois que le monde n’en veut plus !

X
0 points

« A l’heure qu’il est, la condition essentielle pour que la civilisation européenne se répande, c’est la destruction de la chose sémitique par excellence, la destruction du pouvoir théocratique de l’islamisme. Là est la guerre éternelle, la guerre qui ne cessera que quand le dernier fils d’Ismaël sera mort de misère. L’Islam est le fanatisme. L’avenir est donc à l’Europe et à l’Europe seule ; l’Europe conquerra le monde et y répandra sa religion. »

Ernest Renan, le 23 février 188

X
0 points

Ernest Renan se rallie immédiatement à l’idée de sélection naturelle défendue par Charles Darwin.

Il partage avec Arthur de Gobineau des idées racistes.

L’ingérence n’est pas tant le fait d’un état d’esprit philanthropique mais celui d’un sentiment de supériorité si cher au darwinisme qui implique qu’un droit de regard sur toutes les "races" dites inférieures devient obligatoire .

M.Brauman vous savez ça je suppose.

En ces temps difficiles et pour tenter de garder la maîtrise des évènements ,

quelles autres meilleurs moyens que la stigmatisation pour se positionner au dessus de la mêlée ?

Il n’y qu’à voir l’acharnement de nos dirigeants à trop vouloir interdire la burqa quant on ne vous bassine pas à la sauce "pipole"que relaient les médias benoitement.

j’entends par "pipole"les frasques d’un homme qu’on a porté hélas,au sommet de l’état.

X
0 points

Djamel, je comprends le fond de votre pensée, mais les exemples que vous citez ne l’appuient pas. Effectivement, que ce soit la mort de SDF, celle de femmes battues, les victimes de la canicule et les suicides en prison en France, il n’y a pas de vraie lacune de connaissance des faits ni d’enquêtes. La preuve est que les chiffres sont connus et divulgués, et largement utilisés par les partis politiques, les associations et les professionnels. C’est le cas en France comme dans beaucoup de pays où ces derniers peuvent faire à peu près leur métier.

Souvenons-nous toutefois que lors de la canicule, la France a été montrée du doigt pour son incurie à traiter le problème, comparant notamment le nombre de victimes (13 000) à celles d’Italie, mieux organisée (3 000). Petit problème, les annonces faites hâtivement par le gouvernement italien ont été rapidement contredites par la presse et les professionnels italiens. Le bilan officiel est finalement monter à plus de 10 000, et même largement.

La leçon de la canicule de 2003 a été tirée d’une ingérence dans les services d’urgence et dans les formalités d’hospitalisation. On s’est aperçu que l’organisation des urgences médicales était à refondre complétement, notamment lors des périodes de vacances, où les effectifs étaient extrêmement réduits. On a mis aussi en relief l’attitude inacceptable de nombre de familles qui laissaient leurs parents âgés dans la solitude voire dans l’abandon total. Même chose pour les hospitalisations "bidon" des personnes âgées pendant les vacances, histoire d’être tranquilles, comme on abandonne son chien attaché à un arbre pour partir en vacances.Tout cela engorgeait anormalement les services hospitaliers. Enfin, on s’est aperçu que les urgences servaient en majorité au traitement de problèmes du ressort de la médecine générale. D’où règlement plus strict et ouvertures de maisons médicales en amont de l’hôpital.

Enfin concernant les données chiffrées sèches et brutales, la canicule a tué comme une épidémie un peu sévère de grippe saisonnière et exactement dans la même population (personnes âgées et/ou malades).

X
0 points

Toujours égal à lui-même, Rony le juste, Rony l’anti-colonialiste résolu, Rony notre frère en humanité.

Merci de donner la parole et si possible souvent, à des personnes aussi sincères et aussi intègres car les médias habituels sont habités par d’autres spécimens qui hélas ne font pas honneur au genre humain.

X
0 points

Excellente réflexion ! La grande qualité de Mr. Brauman est de reconnaître quand il s’est trompé. Dommage que BHL n’ait pas cette qualité là.

X
0 points

A vrai dire le fond de ma pensée sur le sujet est que le droit d’ingérence est noble tant qu’il reste désintéressé et obéit à une action purement philanthropique. Malheureusement ce droit est inscrit le plus souvent et d’une manière systématique dans un rapport de force qui lui fait perdre automatiquement la légitimité et la légalité dont il doit nécessairement s’entourer. Mon exemple français n’est pas tant de discréditer ou de dénigrer mais simplement pour affirmer que chaque pays a tant à balayer chez lui. Les éventuelles actions entreprises à l’extérieur n’auront de sens que si le contribuable du pays bienfaiteur bénéficie en premier.

Je pense que l’aide et la coopération sont nécessaires entre les états qui se respectent et que les immixations dans les votes et le choix des présidentiables conduisent souvent à des gouvernements illégitimes, accentuant et exacerbant toutes sortes d’injustice et de tensions et ouvrant la porte à des dérives autoritaires, la corruption , le népotisme et autres méfaits. Le sentiment d’impunité des responsables locaux, induit par les liens souterrains et parfois avoués des partisans de l’ingérence n’arrête pas d’élargir le fossé entre les gouvernants et les gouvernés et je crains que ce droit d’ingérence ne soit le prétexte tout trouvé pour coloniser à distance et par d’autres moyens humains.

X
0 points

Rony Brauman : "Je suis contre la notion d’ingérence humanitaire".
Rony Brauman définit l’humanitaire pacifiste, c’est-à-dire sans intervention armée.

Sa raison est simple, il s’agit d’éviter un rapport de force, celui des forts contre les faibles. Il précise que les faibles ne sont pas toujours innocents non plus d’ailleurs que la force des forts.

La question est bien posée. Ceux qui se battent pour des causes humanitaires doivent en prendre conscience. Il convient simplement d’aider des frères humains quelles que soient leurs situations.

Ce point de vue paraît idéaliste, il est pourtant celui de la justice à établir dans tous les régimes politiques et quelle que soit la culpabilité des assaillants.

Le Coran ne dit-il pas aux hommes de ne pas agresser mais de rivaliser dans les bonnes actions ?

Cordialement.
Liliane Bénard

X
0 points

Cette notion d’être contre le droit d’ingérence est selon la demonstration faite par Rony Brauman tres convaincante mais elle est difficile malgré tout a être toujours défendue .Je suis ,comme beaucoup toujours révoltée 16 ans après contre le laissez -faire au Rwanda ,la souffrance des bosniaques devant la non-intervention des forces de l’ONU , l’indifférence des "grandes nations" devant la solitude , l’injustice faite au peuple palestinien etc etc .Rony Brauman que j’admire beaucoup pour son intégrité ,ses convictions parle de la non ingérence nécessaire dans le cadre de l’action humanitaire .Il doit avoir raison mais ce principe n’est pas toujours évident à défendre et à comprendre .