Née dans un camp de harkis, Dalila Kerchouche est aujourd’hui journaliste, auteure de deux livres, « Mon père, ce harki » (Seuil, 2004) et « Leïla : avoir dix-sept ans dans un camp de harkis » (Seuil, oct 2006). Elle évoque sur OummaTV le destin de sa famille, ainsi que celui de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants internés dans des camps en France au lendemain de la fin de la guerre d’Algérie. Dalila Kerchouche a par ailleurs co-rédigé avec Arnaud Malherbe le scénario du téléfilm « Harki » qui sera diffusé le mardi 10 octobre sur France 2 à 20H50.
Commentaires
Le sort réservé aux harkis est une honte. Comment un pays qui se vante d’avoir créer les droits de L’homme puisse se comporter ainsi ?
En France certains politiciens manient manient les slogans à merveille comme celui d’aimer la France ou quittez là ; que l’on retrouve aussi bien à droite, au FN, voire même dans des discours bien enrobés d’une certaine gauche. Les harkis ont plus qu’aimer la France, en sacrifiant tout. On voit ce que la France leur a réservé en signe de gratitude : des camps d’internements !!!!!
On comprends aussi pourquoi des "philosophes" néo-conservateurs, nostalgiques des colonies comme Pascal Brukner, écrivent des ouvrages comme celui de "la Tyranie de la repentance", ce qui permet d’éluder les dossiers qui fachent ou qui portent un coup sérieux à la mythique république égalitaire.
Les harkis sont en effet des victimes du colonialisme, et il doit être perçu à ce titre et uniquement à ce titre.
Témoignage émouvant, digne et accablant pour les gouvernements français de l’époque
Je constate que l’Histoire nous enseigne que les indigènes qui ont choisi ou ont été forcés de combattre aux côtes de La France ont été complètement effacés de l’histoire et traités comme des sous-hommes. Aussi bien les indigènes durant la première et seconde guerre mondiale que les harkis dont on a avec le témoignage de Dalila Kerchouche un exemple qui se passe de tout commentaire. La véritable question qu’il faut se poser et quel est ce système qui permet ces pratiques ? Tout simplement une gestion coloniale de ces populations qui perdurent mais sous d’autres formes.
J’ignorais que des rafles d’enfants étaient pratiqués dans ces camps et que les rebelles harkis dans ces camps étaient détruits psychologiquement à coup de médicaments, parce qu’ils osaient dénoncer leur situation d’internés !
Je suis véritablement choqué !
Honnêtement j’avais une autre version de l’histoire des harkis dans ma famille : je suis choquée et triste pour eux.Mais il ne faut pas oublier la misère et l’opprobe dans laquelle vivent les enfants des harkis restés en Algérie, là bas aussi ils souffrent mais on ne dit rien comme s’il fallait faire payer les enfants du choix de leurs parents, ça aussi c’est inadmissible.
Ce que les Harkis ont connu ne doitsurprendre personne car si tu viens du continet africain tu ne seras jamais français et la France ne te sera jamais reconnaissante.Voyez comment on a tout le temps deplacé les tirailleus chaque fois qu’ils étaient sur le point de liberer une ville française pour que seulement leur merite ne soit pas reconnu.Ajoutez à cela le massacre de Thiaroye, le gel des pensions des tirailleurs tout cela est arrivéavant la guerre d’indépendance de l’Algerie.Donc les harkis ne sont pas les seuls victimes de la politique inqualifiable de la France .Quand ses bras valides ont étés décimes dans la guerre elle aeu besoin d’ouvriers et a "importé"la main d’oeuvre d’Afrique voyez depuis quand elle ne veut plus de nous et le moins français du gouvernement ira plus loin dans la politique xenophobe avant qu’il ne fasse un brutal reveil le jour ou on lui dira lui aussi qu’il est trop prétentieux
Témoignage touchant qui permet d’en savoir un peu plus sur le tragique destin des harkis et de leurs familles.
Je voudrais ici saluer le courage de Dalila Kerkouche qui a fait le parcours plein d’émotions des endroits où ont vécu ses parents.
C’est le lieu d’espérer avec elle que la vue du film "Mon père, ce Harki" ait de l’effet sur la classe politique française ; à savoir de la reconnaissance pour ces soldats qui ont fait le sacrifice de leur famille, de leur patrie, et de leur vie pour aider la France.
Quelle tristesse, le sort de ces pauvres harkis. C’est une réalité bien française que de considérer les musulmans comme des êtres inférieurs. On a beau se plaindre du sort qui a été réservé aux immigrés à leur arrivée en France, mais en comparaison de celui fait aux harkis et à leurs familles harkis, il a été de loin meilleur. Cela nous fait réfléchir sur le dégré de reconnaissance ou de respect qu’ont les dirigeants français sur les populations arabes en france.
Cette douloureuse histoire prend sa place dans l’affreuse vérité coloniale. Mais nul ne peut-être totalement dépossédé de ses choix ni des ses actes auxquels il faut répondre, quelqu’en soit la réalité. Simple justice pour regarder en toute loyauté l’avenir. Avez-vous demandé à vos parents de vous parler du bachaga boualem ?
Jean-Luc Yacine. Ecrivain.
Que vient ici faire le Bachaga Boualem avec le sort réservé par la France aux harkis et à leur famille ?
Merci à oumma.com , merci encore pour ce travail de la vérité, à quand une télévision ...
jusqu’à présent, j’ai toujours entendu parler des Harkis que par des cinéastes ou journalistes français.
Enfin ! Aujourd’hui une fille de Harkis parle de leur vécu, dont nous ignorons tout ou presque, je pense !
J’en suis ravie. Leur "mise à l’écart" m’a toujours bouleversée, moi fille de résistant ! J’ai, en effet, toujours eu le sentiment (partagé par tous je pense) qu’ils n’étaient considérés ni comme algériens, ni comme français ! Et malgré cette tristesse que je ressens pour eux, je me suis toujours sentie un peu éloignée d’eux. Peut-être que demain, Dalila Kerchouche nous rapprochera. En tout cas, bravo à elle !
Bonjour,
Merci pour cet entretien à la fois rigoureux et sensible.
Votre témoignage nous enseigne une fois de plus, et en conformité avec l’enseignement du Prophète, qu’il ne faut jamais juger qui que ce soit. En rétablissant, sans esprit polemiste, cette vérité historique sur ceux qu’on a appelé les Harkis, vous permettez à la fois de libérer une charge émotionnelle refoulée et d’autre part de rétablir, par l’écriture, une frange de l’histoire de France trop longtemps oubliée.
Merci
Bravo ! félicitation interview très émouvante et très utile
Merci Dalila pour ton témoignage : les Harkis aussi ont besoin d’un devoir de mémoire - J’ai lu ton Livre qui m’a boulversé car je me suis projeté dans ton histoire étant moi même enfant de Harki !
et comme tu l’a citer : " qui n’a pas de Mémoire n’a pas d’avenir "
Guantanamo existait déjà avec les Harkis ... ils ont aussi eu leurs camps !
je fus choqué une fois de l’hatitude coloniale d’Arlette Chabot envers toi lors d’une émission " Mots croisés " ...
Bonne fin de Ramadan -
Merci Dalila Kerchouche de témoigner avec dignité sur les harkis méprisés de tous et rejetés. Je souhaite que la vérité soit rétablie afin que générations à venir sachent de ce qu’il est advenu de cette partie de la communauté nationale.
Témoignage en effet émouvant, mais je ne pense pas que l’on puisse afformer que les harkis ont fait le choix de la France, une majorité d’ente eux n’avaient guère le choix, intégrer l’armée française était une question de survie "alimentaire". Cela n’enlève rien au sort tragique qu’ils ont subi.
Nous devons veiller à ne pas séparer les enfants de harkis des enfants issus de l’immigration. Notre présence en France est la conséquence de la colonilisation de l’Algérie par la France.
Il faut appeler un chat, un chat. N’ayons pas peur des mots. Combien d’algériens qui cherchaient justement à se délivrer du joud colonial (dont les harkis se disent aujourd’hui victimes) ont été tués par des harkis. Il ne s’agit pas de préjugés, mais de faits réels. Dalila Kerchouche a beau nous dire qu’il n’y a pas eu de héro, ni de traitre pendant la guerre d’indépendance ... allez dire à un français qu’il n’y a pas eu de collabo pendant l’occupation allemande.
Le comportement de la France vis-à-vis de ces populations dans l’après-guerre n’est pas pire que son comportement vis-à-vis des indigènes dans les colonies.
Je vois dans le téléfim "harki" une concurrence, ou une diversion au film "indigénes" : "Ô France, tu revalorise les pensions de tes anciens combattants indigènes, y compris ceux qui se sont soulevés contre toi. Mais pour nous - harkis - tu ne fais rien alors que nous t’avons été fidèles..."
Farid, combien d’algériens ont également été tués par les troupes du FLN ? Je pense notamment au massacre du village de Melouza en 1957, ou femmes, enfants, vieillards ont été massacrés par le FLN, car ce village avait le tort de soutenir le Mouvement nationaliste algérien (MNA) qui se réclame de Messali Hadj et s’oppose au FLN. Donc, vois-tu l’histoire n’est pas aussi caricaturale que tu le dis. Qui a tué également Abane Ramdane ? Qui donné Ali La Pointe ? Il y a eu des "traitres" de tous les côtés, l’histoire ne se réduit pas à des traîtres et des héros. On tombe là dans une histoire mythifiée telle qu’elle a été enseignée en Algérie. Combien d’algériens connaissent Messali Hadj qui est le père du nationalisme algérien et qui a été effacé de l’histoire officielle de l’Algérie ? Bref c’est bien plus complexe que tu ne le crois !
Un petit commentaire pour Farid.
Il ne faut pas que l’idée que tu te fais des harkis d’aveugle et te pousse à dire n’importe quoi.
Le téléfilm de Dalila Kercouche n’est sûrement pas une diversion au film Indigènes, pour la simple raison qu’elle avait déjà publié un livre sur son père bien avant que nous n’entendions parler du projet de Rachid Bouchareb. Elle a fait ce film pour parler de la situation des harkis, et notamment pour rétablir une vérité tronquée de part et d’autre de la méditerrannée. Elle l’a fait sans haine, sans esprit revanchard. Plutôt que de faire dans le mépris cher Farid, il serait plus constructif de reconnaître le malheur des uns et des autres même si cela semble difficile pour toi. Encore une fois ,bravo Dalila.
Mourad,
Soutenir le colonisateur contre ses frères colonisés ou soutenir ses frères colonisés contre le colonisateur ...
C’est moins que complexe que FLN ou MNA.
(dans mon précédent message, lire joug et non pas joud)
Surtout, évitons de parler du sort des Harkis en Algérie .... la mémoire dans un seul sens, c’est tellement plus facile ...
Entendu Farid, mais la guerre entre le FLN et le MNA, qui sont deux mouvements nationalistes algériens a fait beaucoup de morts dans les rangs des algériens. Cette guerre dans la guerre a été effacée de l’histoire officielle de l’Algérie pour mieux avaliser le mythe d’un peuple algérien qui s’est soulevé comme un seul homme le 1er novembre 1954, tout le monde sait que telle n’a pas été la réalité. Attention, il ne s’agit nullement d’accepter l’ignoble système qu’ a été le colonialisme, mais juste pour dire que la réalité historique est complexe.
Mehdi,
J’ai parlé du téléfilm et non pas du livre.
Concernant les souffrances de part et d’autres, je t’invite à relire mon message.
Je ne fais preuve d’aucun mépris. Ce qui m’interesse, c’est la vérité.
Les Harkis, victimes de la France, certes.
Mais coupables à aucun moment ?
De quelle vérité tronquée veux-tu parler ?
Opposer une souffrance à une autre me paraît dangereux, et contraire à l’éthique. Harkis ou pas, ils ont tous été victimes du joug colonial.
Farid,
J’avais bien lu que tu parlais du film. Mais j’ai mis en perspective le livre que Dalila Kercouche avait écrit pour te dire que l’idée d’un film sur les harkis n’était pas en écho avec le film Indigènes. Je pense qu’il faut avoir l’esprit sournois ou être paranoïaque pour penser que le téléfilm de Dalila Kercouche est une diversion au film de Rachid Bouchareb.
Quand je parle de vérité tronquée, je fais référence, d’une part à l’histoire des harkis ( camps d’internements, enlèvements d’enfants, etc...) que la France a toujours pris soin de dissimuler. Et d’autre part à la propagande du FLN qui nous a toujours raconté que les harkis étaient des traitres, sans jamais faire référence à la concrainte qu’ont subis la plupart des harkis à rejoindre les rangs de l’armée française du fait des massacres Flinistes ou à cause de la manipulation de l’armée Française. Il n’ y a jamais eu la monidre compassion pour les harkis, jamais le moindre doute sur le engagement, jamais le moindre tentative de comprendre pourquoi il se sont retrouvés du côté de la France.
Franchement, certains au lieu de penser en binaire bien/mal, blanc/noir, etc, devraient écouter ce qu’elle dit, c’est long, mais instructif.
Comme ça a été dit, l’histoire est une chose complexe, et doit être replacée dans son contexte, et non pas analysé dans le contexte actuel.
Je voudrais juste saluer le travail et le courage de Dalila Kerchouche d’avoir eu l’idée de lever le voile sur un drame qui dure depuis plus que 40 ans. Ces gens qu’on appelle péjorativement "harki" ont payé cher leur choix, qui parfois ont été faits dans la douleur et sous la contrainte. Il est temps de nous réconcilier avec ces gens pour qu’ils puissent reprendre leur vie normalement.assez de soufflances inutiles.
Hacène
harkis la faute !!???
merci dalila
Mehdi,
Tu fais référence :
aux massacres Flinistes
Mais tu ne fais référence à aucun moment à certains harkis qui ont combattu en connaissance de cause et qui avaient volontairement choisi leur camp, comme ils en ont témoigné eux-mêmes.
N’est-ce pas là, de la vérité tronquée ?
Encore une fois, les collabos sous l’occupation allemande avaient certainement leurs raisons ; mais celles-ci ne jusitifieront jamais leurs actes, dont ils sont seuls responsables.
Quant au téléfilm, pourquoi ne pas en diffuser un sur les souffrances des colonisés en général, plutôt que de focaliser sur les souffrances des harkis. Il y a de quoi être sceptique, et non pas paranoïaque.
Les Harkis seraient-ils plus à même de voir leurs souffrances reconnues du fait de leur soutien (réel et pas imaginaire) à la France colonisatrice
Il est facile comme le fait Farid de porter un jugement sur les agissements de femmes et hommes 46 après et derrière un écran d’ordinateur bien au chaud, sans avoir connu les affres du colonialisme. On peut ainsi donner des leçons et jouer au héros même virtuel. C’est gratifiant ! Je ne me permettrai donc pas un tel jugement et prèfère m’en tenir à la souffrance des harkis, ainsi qu’à celle de tous les algériens colonisés qui ont tous été les victimes d’un colonialisme déshumanisant !
Bravo en tout cas à Dalila pour son témoignage !
Merci Dalila Kerchouche pour votre remarquable intervention ! Je souhaite de tout coeur que l’injustice faite au Harki soit réparée, au-delà des controverses algéro-algérienne dont je me garderai bien de me mêler !
Farid,
Pour revenir sur ton insistance ( suspecte d’ailleurs), sur les harkis qui auraient de leur plein gré rejoint le camp français laisse moi te donner mon sentiment :
Comme Soraya, je ne me permettrai pas de juger des personnes qui ont fait un choix (qui n’aurait certainement pas été le mien d’ailleurs) il y a 45 ans. Même si je ne partage pas leur choix, je pense qu’il ont plus que souffert de cette situation. Bannis de leur terre natale, ils n’ont jamais pu revenir se receuillir sur la tombe de leurs parents, méprisés, insultés ici en France par les algériens( pas tous heureusement), programmés à une mort sociale.
D’autant plus que MOI, j’ignore les raisons qui les ont poussé à ce retrouver du mauvais côté de la barrière, c’est pour cela que je ne veux pas les juger. TOI, tu serais certainement devenu un Héros de la lutte algérienne, à n’en pas douter.
Tu reproches à Dalila Kercouche ne n’avoir pas fait un film sur toutes les souffrances des colonisés. Elle a fait un film sur la souffrance des harkis parcequ’il n’ y en a jamais eu de fait. Par contre il ya eu pas mal de film fait sur les algériens et leur conditions de vie en arrivant en France.
Enfin pour finir et j’en resterai là avec toi. Tu as fais deux fois référence avec les collabos et l’occupation allemande, je vois que ta référence est Bouteflika, je comprends mieux la teneur de tes propos.
Il était temps que soit enfin abordé le drame des harkis, qui a longtemps été dissimulé. Ce drame est la mauvaise conscience de la France, "cacher cet horreur que l’on ne saurait montrer". Mais la vérité, même dissimulée finit par éclater. Il est heureux de constater que les enfant de harkis prennent la parole au nom de leurs parents dont nous avons confisqué non seulement la parole, mais la mémoire ! Courage Dalila !
Soraya,
Leurs souffrances d’après-guerre ne les exemptent en rien de leur soutien aux colonisateurs. Il ne s’agit pas de juger, mais simplement de ne pas oublier.
Faudrait-il nécessairement avoir subi les affres du colonialisme pour avoir le droit de s’exprimer sur le sujet.
Qui parle de vision binaire, lorsque personne n’ose, ici, nuancer leur histoire qui ne se résume pas à leurs souffrances d’après-guerre.
Qui parle de réconciliation, alors que leurs enfants n’y sont pour rien
Rappelons à notre grand héros Farid, qu’ au cours de la guerre d’Algérie, il y avait plus d’algériens dans l’armée française que dans les rangs du FLN.
Que Farid nous précise dans quelle catégorie, il classe les millions d’algériens qui n’étaient ni dans l’armée française, ni au FLN. Car en effet le peuple algérien a été plutôt neutre, ou n’a plutôt pas pris les armes contre le colonialisme ( ce qui ne veut pas dire qu’il le cautionaient).
Mais ces algériens qui n’étaint ni dans un camp , ni dans un autre ou les classer, parmi les "traîtres" certainement, si on suit le raisonement de notre héros Farid.
Voyez-vous cher Farid, catégoriser des individus au mépris du contexte de l’époque en héros pour les uns et en traîtres pour les autres relèvent d’une distribution de casting très hollywoodien.
Chère Halima,
Je ne méprise personne et surtout pas mes interlocuteurs. Ca relève des règles élémentaires de politesse.
Je ne souhaite pas m’hériger en héro et je ne prétend pas défendre ni le peuple algérien, ni Bouteflika.
Je vois qu’on s’intéresse plus à ma personne, moins à mes propos.
Je pose pourtant une question simple :
Les harkis ont-ils soutenu - les armes à la main - le colonisateur contre le colonisé ?
Dans l’affirmative, la recherche (légitime) des causes de soutien ainsi que les souffrances dont ils ont été victimes doiivent-elles nous faire oublier ce qu’ils ont été ?
Un grand merci du fond du coeur Dalila Kerchouche pour votre témoignage. Vous soulevez un dossier délicat, douloureux, passionnel aussi bien en Algérie qu’en France. Mais vous l’avez fait avec dignité et une grande sincérité. Vous trouverez en moi un soutien dans votre combat.
Dalila, je te félicite d’avoir fais ce travail qui a du être trés pénible. J’etends dire dans ce forum et ailleurs que les harkis "ont fait un choix", celui d’opter pour la pérénité su système colonial. Je dis que c’est faux. J’ai vu tuer sous mes yeux d’enfant deux harkis en 1961 à Blida. Ils ont été matraqués à mort par un lieutenant du régiment d’artillerie qui était leur superieur. Il était en colère contre eux. Il les a fait entrer dans une boutique du centre ville et les a passé à tabac jusqu’à la mort. Je me souviens de sa tenue kaki d’artilleur maculée de sang. Les harkis étaient de jeunes recrues arrachées à leurs familles avec des promesses et un salaire de 280 francs par mois.En vérité, ils étaient analphabètes et apolitiques dans la majorité des cas. Ils n’avaient aucune connaissance de ce qui se tramait en termes de lutte anti-coloniale. Leur engagement, en dehors de quelques cas précis, relevait du détournement de mineurs. Dalila tu as bien fais d’écrire.Dis-le aux autres, et que vos souffrance sortent de la clandestinité.
Pour Dalila Kerchouche, dont le remarquable travail mérite d’être largement diffusé.
On ne peut toutefois pas généraliser d’emblée, pour les Pieds-Noirs, qui auraient reçu un meilleur traitement : au beau milieu des années 60, une famille de nos amis continuait de beaucoup galérer avant de s’en sortir enfin, mais toujours méprisée comme des parias par de « bons » français anticolonialistes.
Nombre de ces Pieds-Noirs étaient dans ce cas.
L’opposition Pieds-Noirs / Harkis ne me paraît donc pas un débat très utile, alors que les uns et les autres étaient dans la détresse (je ne parle bien sûr pas des Pieds-Noirs qui ont fui à temps l’Afrique du Nord, c’est à dire bien avant les évènements dont ils pressentaient l’échéance).
Ce que je trouve frappant et honteux est le silence couvrant le sort de ces gens confiants dans la France et ses valeurs. Pauvres soldats, souvent sans famille, plus tard relégués aux besognes déconsidérées.
À leur égard, mon souvenir de gamin était de la tristesse et de la compassion.
Ce que vous dites est ainsi vrai pour les forêts : combien d’avalanches retenues dans les Alpes grâce aux reboisements que nous le devons, alors que la discrétion de leurs campements était à la mesure de ce honteux silence ? « Ils » (les Harkis) étaient quelque part, plus loin, inaccessibles.
N’oublions pas, dans ce travail de mémoire, les officiers Français qui ont permis à des familles de Harkis de fuir, sous le manteau, des massacres annoncés par le FLN. Le souvenir plein d’humanité que m’a cité l’un de ces officiers n’avait rien à voir avec un rapport dominant-dominé : au contraire, une violent colère contre l’administration, plus prompte à punir ces officiers rebelles que de secourir des familles « arabes » aux abois.
Abominable tradition d’abandon : déjà, en Indochine, d’autres officiers français, comme Hélie de Saint Marc (qui avait survécu au camp d’extermination de Buchenwald), avaient relaté les conditions dans lesquelles ils avaient été contraints d’abandonner des populations locales venant de renouveler leur confiance dans la France.
Puis ce fut le tour des Harkis.
Aujourd’hui il est presque commun de fustiger notre pays pour ces abominations. Pourtant opposé à ces auto-flagellations médiatisées (colonisation, esclavage, …), je ne comprendrai jamais qu’on ait pu maltraiter, jusqu’en métropole, des familles méritant pleinement la considération et le respect du pays qu’ils avaient choisi.
Vous évoquez l’incrédulité et le scepticisme que vous avez rencontrés en avançant votre témoignage ; la jobardise des médias avait déjà fait beaucoup de mal : j’ai le souvenir d’un reportage de 1962, rediffusé il y a quelques années, où un journaliste bien connu essayait « naïvement » de convaincre un lieutenant français, un Harki, qu’il pouvait rentrer chez lui ; le regard de notre jeune officier en disait long sur le sort mortel auquel il se savait condamné ; or, notre administration a malheureusement ce genre de méfaits à son passif (voyez, dans un autre registre moins tragique, le sort des jeunes Réunionnais, au cours de la même époque exactement).
Certains fonctionnaires ont essayé malgré tout d’enrayer ce destin : une portion d’humanité dans un océan de bureaucratie. Le sauvetage non médiatisé des populations Méo est un exemple de ce qu’on sait pourtant faire en pareil cas !
Enfin, je ne crois pas que vous avez été traitée ainsi « parce que vos parents étaient des arabes » ; avant les Harkis, des populations entières ont disparu en Indochine pour avoir été, elles aussi, fidèles à la France. Abandonnées.
Vos parents n’étaient pas « au bon endroit, au bon moment », mais face à une administration imbécile ; combien de tentatives, avant vous, pour que la reconnaissance effective de la France envers les Harkis ?
Espérons qu’avec votre témoignage on y arrivera enfin !
J-François
Excellent ! Bravo ! Un témoignage rare, direct, émouvant...
J’attends avec impatience le téléfilm de demain soir que je n’aurais jamais regardé, le prenant pour une Xième fiction plus ou moins islamophobe.
Je pense que c’est pour ce genre de témoignage qu’Oumma.com et Oumma.TV existent.
Toute ma sympathie à Dalila KERCHOUCHE et aux siens. Si on peut faire quelque chose, nous sommes à votre disposition.
Dr. Abdallah
C’est malheureusement une banalité de dire que des atrocités ont été commises au cours de la guerre d’Algérie par tous les belligérants y compris - évidemment - par les harkis.
Ce qu’il faut rappeler c’est que les harkis n’ont pas pris le parti de l’oppresseur contre l’oppressé ou du colonialiste contre le colonisé mais qu’ils ont fait le plus souvent le choix de ce qu’ils croyaient être « leur patrie ».
Ils se sont engagés auprès d’une armée nationale contre ce qu’on appelait à l’époque des rebelles, des terroristes.
Peut-on leur reprocher aujourd’hui d’avoir agi contre le sens de l’Histoire, de ne pas avoir cru à une Algérie indépendante libérée du joug d’une nation colonisatrice et finalement d’avoir surtout fait confiance à ceux dont l’idéal civilisateur ne se confondait finalement qu’à la défense d’intérêts particuliers et immédiats.
Rejetés par ceux pour lesquels ils se sont battus, bannis par ceux qu’ils ont combattu, leur seule erreur n’a-t-elle pas seulement été d’appartenir au camp des vaincus ?
La vérité n’est pas unique...
Marc Morell
Juste pour ajouter que beaucoup d’anciens combattants de 44 ont été pris à partie par des maquis FLN dans les zones de combats , c’est à dire loin des villes à l’abri de la guerre comme Alger, Oran et Annaba.
ils ont été pris à partie pour la symbolique ( parce que symbole de la France, défilés , monuments aux morts ’’ dès les années 55.
Bien sur que la recherche de la souveraineté algerienne , de l’egalité depuis les années 20 , en 45 et en 50 et en 54 etait legitime .
Bien sur qu’il ya eu des salauds partout.......mais l’etude profonde des corconstances eclairera certains qui se racontent des films.
La verité est que nombreux sont les harkis qui ont fait 44 ou de 39/40 ou qui comptaient un oncle ou un père parmi les indigenes algeriens de 44 de Bouchareb ( les vrais acteurs)
La verité est aussi que le maquis FLN a été manoeuvré et parfois certains commissaires politiques du FLN ont fait exactement le contraire de ce qu’à fait Joseph Staline pour la Russie assiegé par les Nazis.
Si Staline a , à partir de 41 ,arrondi tous les angles pour gagner et encore gagner contre Hitler ,en revanche des maquis FLN ,qui il est vrai etaient pourchassés, harcelés , ont fauté vis à vis des populations paysannes, populations qui elles aussi etaient otages, ne pouvaient plus cultiver pour se nourrir ( mais pourtant initialement pour les mouvements MTLD et FLN avec des membres de l’entourage engagés dès le debut dans le MTLD puis le MNA ou le FLN).
Cela s’appelle empêcher le revolutionnaire d’être comme un poisson dans l’eau et pour cela il suffit d’empêcher le soutien, le ravitaillement , en etablissant zones interdites et regroupements de populations ( un soulagement pour des familles au milieu de la guerre, le sang et la faim) qui , à partir de là seront soupçonnées d’être anti FLN.
En attendant certains algeriens maitrisant le français à Alger , Oran , fonctionnaires ou assimilés devenus ultra nationalistes en 1962 et qui ont traversé la guerre sans une egratignure , auraient vraisemblablement été pris à partie et mis en cause par certains maquis ou commissaires politiques, dans certaines zones des Aures , du Nord Constantinois ou de Kabylie ( les zones des grands affrontements) , auraient été accusés dêtre pour l’Algerie Française rien que sur leur parler et leur boulot.
Pour moins que ça, certains ,en zone de combats, en zone rurale ont été tués, tabassés pour la symbolique par exemple juste pour avoir acheté du tabas ou être allé aux monuments aux morts ( pour la memoire des freres indigenes morts en 44)
Pour aujourd’hui et demain
Vive le redressement algerien
Vive l’apaisement et la comprehension mutuelle entre Algeriens et Français
Vive la verité et toute la verité sur la guerre,
Vive la verité et toute la verité sur les harkis.
Que les survivants, les temoins et les familles des zones de combats racontent tout... A leur âges ils ne risquent rien
Bravo Dallila. Temoinage émouvant. Je suis fils de moudjahid mais comprenant la doueur des enfants de harkis et je sais que certains harkis n’ont été que des victimes du colonialisme. Mais ce dont j’en suis sûre c’est que les familles de harkis partis d’Algérie ont subi le colonialisme après 62
paix sur toi !
Témoignage émouvant.
Je suis algérien, vivant en France et je considère les harkis comme moi, "algérien". Les harkis sont des victimes du colonialisme, c’est tout.
Durant la colonisation, les algériens étaient "harkis" par la présence française. Pour moi, un harkis est une personne qui a souffert de la colonisation française.
Je regrette et apprend avec souffrance, ce que les algériens ont souffert dans ces camps.
J’ai du mal à digérer.
Merci pour cette info.
Salam
Madame, vous n’êtes en rien responsable du choix qu’avait fait votre père en devenant supplétif de l’armée française.
J’ai pu me rendre compte de l’exactitude de ce que vous décrivez lorsque, instituteur à Saint Pons de Thomières dans L’Hérault, j’ai eu l’occasion de visiter le camp de harkis du Plô de Maillac pendant l’année scolaire 62 / 63. Je venais de sacrifier 26 mois de ma jeunesse pour une cause qui n’avait rien de juste, celle de la guerre d’Algérie.
Je ne porte pas un jugement moral sur votre père. Sans doute ce sont les circonstances qui lui avaient fait choisir, dans le conflit, le camp de l’oppresseur. Mais la collaboration ne pouvait rien résoudre et comme vous l’exprimez clairement la France a reconduit dans les camps le même système de rapports coloniaux qu’elle avait créé en Algérie. A mes yeux cela était inéluctable.
Le racisme, fruit du colonialisme et du capitalisme est toujours présent. Je rappelle à ce sujet les propos du président de la région Languedoc Roussilon qui a traité les harkis de "sous-hommes".
Au risque d’avoir des ennuis, j’ai toujours dit aux Algériens qui se trouvaient dans l’armée française que leur place était en face même si je comprenais les difficultés qu’ils pouvaient avoir à la prendre.
Personnellement j’ai souffert davantage de l’armée française, quasiment fascisante, que du FLN et si j’en avais eu la possibilité j’aurais volontiers déserté tant le rôle qu’on me faisait jouer était à des années lumière de ma vision des choses.
Bien sûr que vous êtes française et que vous devez avoir tous les droits afférents à cet état. Mais de grâce ne vous réclamez pas de l’engagement de votre père pour la France.
La France, la vraie, celle de la Révolution de 1789 et des Droits de l’Homme n’avait rien à voir avec la sale guerre coloniale qu’elle a menée contre un peuple qui était le vôtre.
Mais je me répète vous n’êtes pas responsable du choix qu’avait fait votre père dans un contexte donné. Sans doute lui-même n’était-il pas pleinement conscient des conséquences de ce choix et on ne doit pas condamner une personne pour une erreur de jugement.
Mais ensemble tirons les enseignements de ce qu’ont vécu les harkis. On ne gagne rien à se soumettre, pas plus devant un occupant que devant un patron.
Je sais c’est difficile mais il n’y a pas d’autre voie.
Bon courage madame. Ce soir je regarderai le film
J’ai aimé, malgré tout, le film "Harkis" et la déclaration de l’auteur sur Oumma tv.avec l’espoir que les harkis seront mieux appréciés pour ce qu’ils ont fait et enduré après 1962 ?Pourquoi n’avoir pas dit que les conditions de leur vie en France (acamps) ont été voulues par le chef de l’état d’aloirs qui ne les jugeaient pas vraiment français ? et pourquoi ne pas dire que l’abandon n’est pas l’oeuvre de la plupart des officiers ni des pieds noirs mais des métropolitains pourtant hostliles en parole au racisme ? De toutes façons honte pour nous et pour moi qui ait si mal réagi alors