La souffrance comme identité

Au sommaire d’OummaTV, un entretien avec Esther Benbassa, directrice d’études à l’ École Pratique des Hautes Études, auteure de « La souffrance comme identité », paru aux éditions Fayard. Un livre dont on ne saurait que trop encourager la lecture.

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Vendredi 30 Juillet 2010
La souffrance comme identité
15 juin 2007

Au sommaire d’OummaTV, un entretien avec Esther Benbassa, directrice d’études à l’ École Pratique des Hautes Études, auteure de « La souffrance comme identité », paru aux éditions Fayard. Un livre dont on ne saurait que trop encourager la lecture.

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Vos réactions et commentaires sur cet article : La souffrance comme identité

24 mars 2008
pierre a dit :
j’ai une question : dans une civilisation judéo-chrétienne, l’islam n’est-il pas le cheveu dans la soupe ? la question est certe un peu provocatrice, je le sais mais peut on se poser la question calmement et trouver une réponse pour que l’islam trouve une place et ne soit pas perçu comme une menace car c’est comme celà qu’est perçu l’islam par la majorité des français non musulman
10 janvier 2008
leyla a dit :
il y une réelle souffrance d’identitée mais c’est dommage qu’on en parle pas davantages
16 juin 2007
Rachid ZANI a dit :
MME BENBASSA, Est que les palestiniens souffrent ? Dans l’affirmatif, doivent t-ils souffrir aussi tant de leur identité ? Il me plairais tant à connaitre votre avis et parvenir à comprendre jusqu’ou la souffrance peut amener l’homme à agir. Les musulmans de part le monde n’ont jamais été autant humilié,montré du doigt jetant l’opprobre,avili et profané dans leur chair et leur âme. Ne croyez vous pas au contraire que le ressentiment ,gagné par la colère et la frustation ne programme les coeurs vers l’irréparable ? Qu’est devenu l’esprit des lumières ?
16 juin 2007
Nicolas a dit :
On sent que Mme Benbassa connaît bien ce sujet qu’elle semble bien maîtriser. Je ne voyais pas les choses ainsi, très pédagogique. Une vidéo à montrer aux enfants pour leur inculquer le respect des cultures et des mémoires.
15 juin 2007

Bien vu,

On peut élargir.

Qu’est ce qu’être "indigène de la république" si ce n’est porter la souffrance coloniale comme identité ?

Moi, je vais bientôt porter la souffrance de la débretonnisation de la bretagne comme identité.

15 juin 2007

Alilo, sans même sans rendre compte, est completement dans cette problematique de l’identité de la souffrance.

"je ne me sentirai française que quand on reconnaitra ma souffrance...."

édifiant

15 juin 2007
Farid a dit :
Un grand moment que j’ai passé en visionnant cette interview. Un big merci à Esther Benbassa pour vos paroles qui nous permettent d’espérer.
15 juin 2007
Untélespectateur a dit :
Après le concept de "bravitude" cher à Ségolène Royal , nous avons le concept de "victimitude". Je ne fais pas allusion ici à l’intervention de Mme Benbassa dont j’ai apprécié la teneur, mais je vise plutôt l’attitude de certains groupes qui jouent sur ce registre en vue d’en tirer des dividendes politiques. L’Histoire doit être au-dessus de ces contingences.
15 juin 2007
Grégoire a dit :
Dès lors que l’on exige d’éviter de simplifier l’histoire, pour l’appréhender dans toute sa complexité, on a le droit à l’insulte massue : « vous êtes un suppôt du colonialisme ». C’est à peu près ce qu’écrit Karim en guise de réponse. Sa réponse qui est totalement indigente se contente de me caricaturer au motif que j’aurais dénoncé l’instrumentalisation de l’histoire de la guerre d’Algérie par le FLN. Une manière de torpiller le débat. Avec ce genre d’argutie, on avance pas d’ un pouce.
15 juin 2007
Claude a dit :
J’espère Esther Benbassa que vous serez entendue au plus haut niveau de l’Etat. Car qui a écrit : " On assiste au développement en France chez certains individus, et parfois même au sein de l’Etat, à une tendance irrépressible à la repentance systématique (...) Notre société est menacée d’une funeste inclination au reniement de soi. Finira-t-on, un jour prochain, par s’excuser d’être Français ? », Nicolas Sarkozy, dans une opinion publiée, lors de la polémique sur la loi du 23 février 2005, par le Journal du Dimanche.
15 juin 2007
Alilo a dit :
Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis indigène, mais je me sentirai pleinement français, quand je me reconnaitrais dans une histoire qui aborde une partie de la mémoire qui est celle de ma famille, de mes parents et surtout cette histoire de l’immigration complètement absente des manuels scolaires. Merci à vous Mme Benbassa pour votre appel à l’égalité des mémoires.
15 juin 2007
Karim a dit :
Je voudrais répondre au message de Grégoire qui interpelle Nouari sur un ton condescendant. Nouari souligne l’écriture partiale de l’histoire coloniale de son pays la France, (si je ne m’abuse), et voilà que Grégoire le renvoie à ses origines supposées et s’appuie sur l’exemple de l’Algérie pour tenter de le déstabiliser. Ce qui démontre l’esprit de fermeture pour ne pas dire néocolonialiste de ces républicaindolatres comme les appelle Nouari. Pitoyable !
15 juin 2007
Soraya a dit :
Merci Esther Benbassa, on t’aime tous !
15 juin 2007
Grégoire a dit :
Pour répondre au dénommé Nouari qui dénonce l’écriture d’une histoire mythifiée par la France, on peut en dire autant d’un pays comme l’Algérie qui a écrit l’histoire de la guerre d’Algérie selon une véritable propagande faisant l’impasse sur la réalité historique en relatant justement des faits historiques totalement grossiers et en faisant l’impasse totale sur les exactions commises par le FLN que l’Algérie présente comme des héros immaculés, investis de toutes les vertus. La France n’ a pas de leçon à recevoir.
15 juin 2007
Souad a dit :
Très belle interview sur sujet clef qui provoque des crispations dès lors qu’il est posé sur la table.E. Benbassa s’en sort bien. Le choix des musiques qui accompagnent cette vidéo est redoutablement efficace.
15 juin 2007
Nouari a dit :
La France est traversée par des résistances et des conservatismes qui excluent toute approche sereine de la mémoire coloniale. Je suis particulièrement pessimisme. Les républicaindolâtres très influents dans les milieux dits intellectuels ont tout intérêt à développer comme ils le font d’ailleurs, une vision mythique de la République France créatrice des droits de l’Homme, qui n’a commis aucun méfait et qui a apporté la civilisation.et les lumières à l’Afrique notamment. Bref pour faire court, l’Histoire coloniale sera toujours mythifiée dans le sens de nos républicaindolâtres.
15 juin 2007
Yassine a dit :
J’ai lu votre livre Esther Benbassa. Un livre courageux qui est en rupture avec le politiquement correct. Un livre courageux comme on aimerait en lire plus souvent, au regard de toutes ces ouvrages commerciaux qui polluent la vie intellectuelle. Bravo Mme Benbassa, je vous transmets tout mon respect !
15 juin 2007
Christian.M a dit :

Fascinant Esther Benbassa, claire, concis/

"On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement."

Marcel Proust

15 juin 2007
Ines a dit :
Tout à fait d’accord avec vous Mme Benbassa pour votre proposition constructive du droit à l’oubli qui en effet peut contribuer à reconnaitre toutes ces mémoires blessées ainsi que vous le rappeler avec talent.
15 juin 2007
Tariq a dit :
Avec le ministère de l’Identité nationale, fait unique en Europe dirigé par le très universaliste Brice Hortefeux, on peut s’attendre à une écriture officelle de l’histoire qui ravira les nostalgiques du bon vieux temps des colonies. Ce n’est pas à l’Etat d’écrire l’histoire, mais aux historiens. L’Histoire est une science à part entière qui doit rompre avec l’esprit partisan qui souvent se retrouve dans les manuels d’histoire.
15 juin 2007
Mehdi a dit :
Magnifique Esther Benbassa. Vous êtes très émouvante à la fin. Vos paroles m’ont prondément touché.
15 juin 2007
Rouch a dit :

Il existe également une autre mémoire telle que Mohamed Arkoun la questionne :

« La nécessaire mémoire du passé »

" Comme historien, je souhaitais apporter des informations et une réflexion sur les moments significatifs où la France, la pensée, la politique et la culture françaises ont été amenées à traiter avec l’islam et les musulmans. Il s’agit de montrer que ces moments d’histoire sont absolument essentiels pour placer l’islam à l’intérieur du parcours historique de la France comme être historique. Inversement, il est tout aussi nécessaire d’insérer la France et le parcours historique français dans l’être historique de ce qu’on appelle maintenant l’islam, devenu une sorte de mot-valise. A travers ce livre, je voulais aussi montrer que ce que nous appelons islam est une diversité sur laquelle nous avons absolument besoin de revenir pour comprendre ce qui nous arrive aujourd’hui. Tous nos conflits reposent sur des ignorances accumulées (je ne dis pas malentendus). Les ignorances sont devenues institutionnelles, transmises et cultivées à l’école, à l’Université et dans la pratique politique. "

15 juin 2007
Mustapha a dit :
J’ai beaucoup d’estime et d’admiration pour Esther Benbassa qui est une humaniste, d’une grande sensibilité, éprise de justice et qui combat toutes les formes de racisme d’où qu’ils viennent.
15 juin 2007
Gilbert a dit :
Très intéressant. Je distingue pour ma part, les discriminations qui sont réelles de l’attitude victimaire dont le mouvement ultra minoritaire que sont les indigènes sont les spécialistes. Ce groupuscule mélange tout et fait de la repentance une injonction mémorielle à laquelle nous devons nous soumettre.
15 juin 2007
Nadia a dit :
La façon d’aborder la souffrance a beaucoup d’importance. Ou vous l’abordez avec l’intention d’y échapper, de chercher du réconfort et de l’éviter. Toujours elle sera là. Ou vous la cotoyez et vous venez très, très prés d’elle pour écouter, accepter, comprendre et GRANDIR.
15 juin 2007
Inconnu a dit :

Guerre des mémoires ?

Il y a à distinguer entre mémoire et histoire. Si on suit les travaux de l’historien Pierre Nora qui a longuement réfléchi sur la dualité histoire/mémoire, on se rend compte que la mémoire c’est le souvenir d’une expérience vécue ou fantasmée. Et à ce titre elle est portée par des groupes vivants. Elle est ouverte à toutes les transformations et déformations successives. L’histoire est, au contraire, une construction toujours problématique et incomplète de ce qui n’est plus mais qui a laissé des traces . Et à cet égard, la France est malade de sa mémoire. Il y a véritablement une guerre des mémoires. La colonisation a fait son temps, mais la mémoire des colonisés et la mémoire de ceux qu’il faut bien appeler les colonisateurs, même s’ils ne sont que leurs descendants, sont restées des mémoires vives.

15 juin 2007
Daoud a dit :
Oui Mme Benbassa la République est plurielle dans son histoire. Il est temps de l’admettre. Mais les tenants du République monocolore ont une conception de l’histoire qui évacue celle de ceux qu’on appelle issus de ....
15 juin 2007
Halim a dit :
Vous citez Esther Benbassa le CFCM à qui vous reprochez à juste titre d’avoir échoué à faire reconnaître la mémoire coloniale. L’échec du CFCM est un échec sur toute la ligne. Le CFCM n’est qu’une petite institution religueuse dans laquelle les musulmans de France ne se reconnaissent pas. Le CFCM est un organisme représentatif des états d’origine, lui demander de jouer sur le terrain de l’histoire, c’est trop lui demander alors qu’il ne parvient même pas à résoudre le moindre pb, fut-il tout petit.
15 juin 2007
Omar a dit :
Bravo Mme Benbassa. Le climat islamphobe qui règne en Europe avec une mention particulière pour la France fait que la souffrance est devenue une composante de l’identité de la diaspora musulmane. Nous ne sommes pas entrain de pleurer, mais c’est une réalité concrète vécue par des milliers d’individus.
15 juin 2007
Saber a dit :
Ceux qui invoquent la guerre des mémoires ont un objectif précis. Celui d’empêcher que la France regarde son passé colonial qui n’est guère glorieux. La France doit assumer et reconnaître la face sombre de cette partie de l’histoire et éviter de nous parler du rôle positif de la colonisation.
15 juin 2007
Merci Esther Benbassa Gardons le devoir de mémoire car il est des évènements qu’il est important de ne pas oublier, mais associons au devoir de mémoire celui de l’oubli, l’oubli des rancoeurs des haines des culpabilités. Oublions les dettes morales, et les revanches. Ne confondons pas l’Histoire de France celle des historiens, et l’Histoire de la France, ce conte, cette épopée d’un pays, d’un peuple, de ses idées, de ses valeurs, qui fait que nous sommes fier d’être français
15 juin 2007
Rhétos a dit :
La notion d’identité est majeure.Elle regroupe tout ce qui est commun avec les autres membres du groupe, telles les règles, les normes et les valeurs que le sujet partage avec sa communauté. On peut également parler de l’identité interculturelle dans les cas de contacts entre cultures différentes (donnant lieux à des processus d’enculturation et d’acculturation), identité qui comme le soulignent T. Rimoux et G. Hervelin est alors « organisée autour d’une pluralité de systèmes autonomes les uns par rapport aux autres mais dépendants du contexte dans lequel ils s’actualisent. » L’identité culturelle renvoie donc aux descripteurs identitaires liés aux valeurs et aux codes auxquelles tiennent ou que revendiquent les individus, aux représentations sur ce que sont et doivent être les choses, et donc plus globalement à la question du sens.
15 juin 2007
Mohand a dit :
J’ai apprécié Mme Benbassa vos propos. Vous avez posé la question avec sagesse, en la dépassionant. Cette question douloureuse est toujours d’actualité. J’espère seulement que l’on pourra toujours débattre en toute sérenité sans verser dans des jugements subjectifs et teintés d’idéologie.

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