Lundi 13 mai 2013
Partagez :

Faut-il séparer la science de la religion ?

Faut-il séparer la science de la religion ? Ou plutôt pliader pour un concordisme entre de ces deux disciplines ? Nidhal Guessoum prône sur OummaTV une troisième voie, fidèle aux enseignements du Coran : celle d’une harmonisation ente la science et la religion. Auteur de « Réconcilier l’Islam et la Science Moderne. l’esprit d’Averroes » aux éditions Presses de la Renaissance, Nidhal Guessoum a travaillé au Goddard Space Flight Center de la Nasa (Etats-Unis), il est actuellement professeur à l’Université Américaine de Sharjah (Emirats Arabes Unis).

Publicité Oumma Media

Commentaires

X
0 points

Il ne faut rien séparer de rien. Surtout pas. Simplement il ne faut pas confondre. C’est là tout le sel de la question.

X
0 points

Monsieur Guessoum
J’ai eu le plaisir de lire votre livre cité ici, et je profite de cette occasion pour vous dire toute la satisfaction qu’il m’a procuré.
Mis à part les 1er chapitres qui me sont apparus comme des précautions oratoires intoduisant le fond du sujet, pour le reste c’est un puis de science émaillé de références et dont les arguments sont convaincants.
Ce livre traite de la question de l’islam face à la science comme d’un dialogue nécessaire et incontournable exigeant le respect mutuel et accepte la mise à l’épreuve des faits
Non musulman moi même,je souhaite de tout coeur que cette religion regagne ses lettres de noblesse et vous y contribuez largement par vos écrits grâce à la rigueur dont vous faites preuve dans la quète de la vérité.

X
0 points

L’astrophysicien Hubert Reeves souligne que même si « on a longtemps pensé que la science allait chasser la fonction religieuse, c’était une erreur. » À ce sujet, deux conceptions s’opposent :

1. Science et religion n’abordent pas les mêmes questions : La science décrit les phénomènes, les mécanismes, les principes auxquels nous sommes soumis, en un mot le « comment » de l’existence. Cependant, les limites de la science actuelle sont bien réelles, comme le met en évidence Pierre Karli de l’Académie des Sciences : « notre soif de signification et d’espérance n’est pas prise en compte par la science car on ne sait pas l’introduire dans les équations ! ». En revanche, tout comme la philosophie et l’art de leur côté, la foi s’intéresse aux questions existentielles concernant le sens de la vie, la présence de l’au-delà, l’existence de Dieu, la relation des Hommes avec Lui, et s’oriente donc sur le « pourquoi » de l’existence.

X
0 points

Heureux de vous retrouver M. Guessoum. Vous entendre parler de ces questions fondamentales, est un plaisir tellement votre sens de l’analyse est pertinent.

X
0 points

La science et la religion se proposent toutes deux d’expliquer le monde. Ce terrain ‎d’action commun pose la question de l’utilité de l’une par rapport à l’autre. Mais contrairement à la science, la religion est un phénomène universel. Il se définit par le fait que ‎celui-ci pose un Absolu, appelé Dieu ou non, une vérité transcendantale à lui, et la sacralise. L’enjeu est de savoir si la religion comme croyance dans un Absolu, apporte des ‎réponses différant des vérités scientifiques dont l’homme ne pourrait se passer. ‎

X
0 points

J’avoue que je n’ai pas d’avis tranché sur cette question cruciale. Même si je pense comme Nidhal Guessoum qui faut éviter d’avoir une position affirmée qui empêcherait tout débat approfondi sur une question complexe.

X
0 points

Médititons ces propos de David Hume :

"Si nous prenons en main un volume quelconque, de théologie ou de métaphysique scolastique, par exemple, demandons-nous : Contient-il des raisonnements abstraits sur la quantité ou le nombre ? Non. Contient-il des raisonnements expérimentaux sur des questions de fait et d’existence ? Non. Alors, mettez-le au feu, car il ne contient que sophismes et illusions."

X
0 points

Je suis pour la séparation intégrale de science et religion, comme le grand Bertrand Russell :"N’y a-t-il pas quelque chose d’un peu absurde dans le spectacle d’êtres humains qui tiennent devant eux un miroir et qui pensent que ce qu’ils y voient est tellement excellent que cela prouve qu’il doit y avoir une Intention Cosmique qui, depuis toujours, visait ce but...Si j’étais tout-puissant et si je disposais de millions d’années pour me livrer à des expériences, dont le résultat final serait l’Homme, je ne considérerais pas que j’aurais beaucoup de raisons de me vanter."

X
0 points

L’idée selon laquelle il existe une sorte de convergence entre science et religion est ancienne mais cette approche, après avoir été plus ou moins mise de côté pendant des années, connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Ses partisans soutiennent que la science contemporaine elle-même offre de bons arguments en faveur de l’existence d’une transcendance ; contrairement à la science classique, matérialiste, du 18e siècle, la mécanique quantique, le théorème de Gödel, le Big Bang, et parfois la théorie du chaos, nous offrent une image réenchantée du monde, indiquent les « limites » de la science et suggèrent un au-delà. Un exemple typique de ce genre de raisonnement est basé sur le « principe anthropique » : des physiciens ont calculé que, si certaines constantes physiques avaient été très légèrement différentes de ce qu’elles sont, l’univers aurait été radicalement différent de ce qu’il est et, en particulier, que la vie et l’homme auraient été impossibles. Il y a donc là quelque chose que nous ne comprenons pas ; l’Univers semble avoir été fait de façon très précise afin que nous puissions en faire partie. En fait, il s’agit d’une nouvelle version de ce que les anglo-saxons appellent « the argument from design » , à savoir que l’univers semble avoir été fait en fonction d’une certaine finalité et que cette finalité elle-même témoigne de l’existence d’un Grand Architecte.

X
0 points

Le livre de Guessoum est d’une qualité rare. Tous les sujets sont abordés avec une précision. C’est un livre que je recommande de façon systématique tellement il est complet.

X
0 points

La grande différence entre la science et la religion est que la science offre des certitudes pas la religion. En effet l’existence de Dieu reste une hypothèse qui relève exclusivement de la foi. Lorsque les physiciens nous parlent d’atomes, ceux ci existent bel et bien, par contre lorsque l’on parle de Dieu, on parle d’un être que personne n’a jamais vu, senti ou touché.

On doit faire une séparation totale entre science et religion (d’ailleurs il ne peut en être autrement) sous peine de devenir attardé en science comme le sont les pays musulmans actuellement.

X
0 points

Quel plaisir de vous retrouver, Monsieur Nidhal Guessoum ! Même si mes propos en choquent quelques-uns, je sais que votre obstination est salutaire, qu’il faut impérativement instiller de la Science - de la vraie Science - dans un maximum de cerveaux humains. Personnellement, je pense qu’il est impératif de dissocier science(s) et religion(s), mais je n’en fais pas un "casus belli" ! De grâce, continuez votre "croisade".

X
0 points

La science énonce et commente des faits. Elle appartient à tout le monde.

La religion énonce et comente des dogmes. Elle appartient à ceux qui y croient.

Il y a une différence fondamentale entre la science et la religion, qui fait que les deux ne peuvent pas être confondus, et qu’ils ne sont pas du même domaine.

X
0 points

Si vous excusez cette observation, je dirais que le titre est très maladroit.

« Faut-il séparer la science de la religion ? » implique que les deux disciplines sont mélangées de manière inextricable, actuellement. Or ce n’est pas le cas.

Prenons n’importe quel livre relevant du domaine de la science, publié au cours du dernier siècle, et voyons dans quelle mesure son contenu est inextricablement entremêlé de questions religieuses. Nous n’en trouvons pas. Car, la science, strictement définie, opère dans un domaine qui n’a aucun rapport, ni de près ni de loin, avec celui de la religion. Or, si toute la science appartient à cette catégorie, il est clair qu’elle est déjà totalement séparée de la religion.

Allons plus loin, et posons-nous la question : la science est-elle dépendante, à quelque moment que ce soit, d’un input de source religieuse ? La réponse est négative. La science traite de phénomènes naturels, par définition. C’est sa raison d’être, et c’est son domaine d’activité strictement délimité. La religion traite, quant à elle, de phénomènes surnaturels. La différence est claire, elle est évidente.

Il arrive que la science étudie des phénomènes qualifiés de « surnaturels » par les communautés humaines antiques, et arrive à leur trouver une explication parfaitement validée. La foudre, les tremblements de terre, peuvent illustrer cette proposition. Du moment qu’ils ne comportent que des phénomènes naturels, alors il faudra en déduire qu’ils étaient précédemment qualifiés à tort de « surnaturels ».

Cependant, il arrive que la science se mêle de discuter de l’origine de l’univers, ou de l’origine de la vie sur Terre. Dans ce cas, elle touche à une question où science et religion semblent se toucher, se confronter même.

Sur le plan purement scientifique, il me semble qu’il s’agit là de champs d’investigation parfaitement légitimes. La curiosité humaine n’a pas de limites. Quand on lui établit des limites, on crée la censure qui, elle, n’a pas de limite et tourne rapidement à la dictature intellectuelle.

Mais, ceci dit, la science n’a expliqué, jusqu’ici, ni l’origine de l’Univers, ni l’origine de la Vie.

Concernant l’origine de l’univers. Stephen Hawking, qui connaît bien ces questions, déclare dans sa « Petite Histoire du Temps » qu’il ignore tout de ce qui existait avant le Big Bang, et que ça ne l’intéresse pas de le savoir, parce que ça ne relève pas du domaine de la science. Y a-t-il ce que les religieux désignent du nom de Dieu ? Cela ne le concerne pas. Il ne parle que de l’instant où le Big Bang se produit, et étudie son déroulement à partir de là, pendant les 3 premières minutes de l’existence de l’Univers essentiellement. Mais, que sont ces éléments qui ont provoqué le Big Bang ? Il n’en sait rien, et il ne se mêle pas de spéculer à leur sujet, parce que cela ne serait pas œuvre scientifique, mais relèverait peut-être simplement de la « science fiction ».

De même, aujourd’hui, la science n’a pas la moindre proposition scientifique validée à présenter au sujet de l’origine de la vie. Tout au plus présente-t-elle, des spéculations qu’on peut qualifier d’excessivement hasardeuses, et ténues, et prêtes à s’effondrer à la moindre contestation, parce qu’elles ne reposent que sur l’imagination de leurs auteurs.

Si ce qui précède est vrai, il est clair que, lorsque les choses sont clairement délimitées, et que chacun respecte rigoureusement la définition des pourtours de son territoire, la science et la religion sont, par définition, séparées.

Il arrive, naturellement, que des savants empiètent délibérément sur le territoire de la religion.

Dawkins, le biologiste « provocateur » qui proclame sans arrêt que la théorie de l’évolution a libéré l’homme de la croyance en Dieu, et qui écrit à n’en plus finir d’articles et des livre dans ce sens (L’horloger aveugle, l’Illusion de Dieu…), ne proclame pas une conclusion scientifique basée sur ses activités et connaissances en biologie. Il proclame une simple opinion personnelle, totalement infondée sur le plan scientifique, et qui n’a pas plus de valeur que l’opinion de n’importe quel autre homme.

En d’autres termes, Dawkins exploite son statut de scientifique, de biologiste, pour propager une proposition qui n’a aucun rapport avec la science, mais qu’il maquille savamment des poudres de la science. C’est de l’abus de confiance, ou même de l’escroquerie intellectuelle. Mais, cela n’a rien à voir avec la science.

S’agissant de cas pareils, on voit qu’il est effectivement nécessaire de « séparer la science de la religion, » pour empêcher de telles dérives.

X
0 points

La réponse de Guessoum est la bonne.
Le scientifique souvent inconsciemment met de la métaphysique dans son objet d’étude, il va au delà de ce que lui dit la science, cad qu’il prend position et interprète métaphysiquement le phénomène qu’il étudie.
La science doit etre indépendante de la religion ou métaphysique pour qu’elle puisse avancer mais cela n’empeche pas que chaque scientifiques selon ses positions idéologiques (athée, deiste, religieuse) prennent position et donne une explication méta qui satisfasse sa curiosité sans que cela influence directement son objet d’étude.

En effet la séparation strict est un leurre,elle laisse place au fléau actuel qui consiste chez beaucoup de scientifiques à confondre science et méta sans s’en rendre compte.

La solution de Guessoum est la bonne car elle permet de clarifier les choses et délimite clairement le role de la science, méta ou religion.

X
0 points

salam ! l Islam n est pas une religion qui s oppose a la science !la philosophie n est pas interdit en Islam !ni meme la recherche !

X
0 points

Vous avez su Professeur et avec brio me convaincre du"sens"de vos mots par l’intensité que son pouvoir.
Le sens est la relation qui unit les deux et s’il sont deux il ne fait qu’UN.

X
0 points

Salam aleykoum tous

Je remercie le frère Guessoum pour la richesse et la qualité de cet exposé en particulier et de ses interventions en général.

Tout ce qu’il nous apprend est fort utile et agréable.

Néanmoins, je reste perplexe sur le choix du titre et d’amener la question : par une dichotomie.

Le savoir est unitaire comme le tronc de l’arbre et possède des disciplines multiples comme les racines et les branches.

Les différentes branches du savoir traitent des différents aspects de la réalité pensable.

Par exemple, les sciences mathématiques et physiques nous expliquent COMMENT les choses sont physiquement.

La biologie, comment le vivant se crée et se meut.

Les sciences "humaines", comment nous interagissons entre humains.

La psychologie, comment la psyché fonctionne.

L’histoire dit d’ou nous sommes et qui nous étions.

La théologie, quelles sont les lois fondamentales de Dieu.

La métaphysique, POURQUOI nous sommes là.

Et la spiritualité et l’introspection, ce que nous sommes en tant qu’individu.

La dichtomie vient de ceux qui voudrait opposer un littéralisme de la Parole divine, des interprétation discutable et les écrits de certains auteurs anciens, à l’évidence des résultats des moyens de connaissance actuelle.

Elle vient aussi de l’importation d’un débat judéo chrétien car le Qu’ran ne possède pas d’invraisemblances logique comme dans la Génèse ou il est affirmé que les Hommes ont précédés les plantes.

Et Dieu -Exalté Soit-Il- Est le Plus Savant.

wa salam.

X
0 points

Oh Oui, Nidhal Guessoum est le Copernic, que dis-je, le Galilée de notre temps ! Quand on lit Nidhal Guessoum ,on apprécie la profondeur de son intellect puissant, on est vraiment subjugué. Pour ma part, j’ai envie d’abandonner mes recherches en sciences fondamentales devant une telle maîtrise. On ne peut que s’incliner devant ces êtres uniques qui peuvent modifier le cours de l’histoire. Le destin nous favorise parfois d’etre les contemporains de tels personnages, illuminant la pensée et les esprits vers des horizons insoupçonnés.