Au programme d’OummaTV, un entretien avec Inès Safi, chargée de recherche au CNRS, dans le domaine très pointu de la physique théorique de la matière condensée. Reconnue au niveau international pour ses travaux sur les nanotechnologies, Inès Safi revient, dans cette interview, sur les expériences de non-localité caractérisées par une mystérieuse connexion qui relie deux particules pourtant éloignées de plusieurs kilomètres, échappant ainsi à l’ espace et au temps. Peut-on en conclure qu’il existe cet autre niveau de réalité évoqué par la spiritualité musulmane ?
Sans tenir un discours concordiste entre science et islam, Inès Safi affirme que certaines expériences de la physique quantique entrent en résonance avec les réflexions de certains mystiques musulmans, comme Al- Ghazali (1058-1111), pour qui les créatures ne sont que des manifestations liées les unes aux autres, sans avoir d’existence propre. Rappelons par ailleurs que cet entretien a été réalisé à Doha (Qatar) par l’équipe d’OummaTV, au cours d’un colloque scientifique international, auquel ont notamment participé deux Prix Nobel.
Commentaires
Passionnante intervention d’une grande profondeur.
Merci Mme Inès Safi.
"L’importance du lien entre l’objet et le sujet mais aussi entre les événements... Al Ghazali : " les créatures ne sont que des manifestations ( en effet, mais les manifestation de quoi ? de l’action divine - tajaliates - c’est ça que Al Ghazali veut dire. ) en rapport les aux autres mais qui n’ont pas d’existence propre.
Excellente intervention. Notons que Mme Safi a insisté sur le fait que, sur un problème scientifique (ici en l’occurence physique), il ne faut pas aller chercher une solution du côté de la théologie. Elle confirme ce que je me tue à dire depuis si lontemps sur le site : les méthodes scientifiques, les outils et les modes d’investigation ne sont pas religieux et mêler Dieu et science peut mener à des erreurs.
Magnifique Inès Safi ! une émission scientifique qui nous interroge sur les rapports entre la science, la philosophie voire même la religion puisque le terme final est « soufie ».
Il s’agit bien d’étudier la matière et ses constituants élémentaires comme les nanoparticules, à savoir les plus petites (les plus naines).
Le Coran nous dit clairement que ces études nous conduisent à « une contemplation intelligente » comme nous le dit le Dr. Al-‘Ajamî, une contemplation de la création divine.
Inès Safi nous présente une contradiction : des matérialistes déduiraient des progrès de nos connaissances l’inexistence de Dieu.
La question est bien posée. La réponse est philosophique, il convient de distinguer l’objet de la connaissance et son sujet. La métaphysique nous interroge, qu’est-ce qui est véritablement ? L’intuition de Ghazali nous dit que les êtres sont en relation sans existence propre. Nous retrouvons aussi la métaphysique soufie selon laquelle, seule Dieu est véritablement alors que nous ne vivons que dans le monde des apparences.
Il convient de repérer les rapports entre cette intuition métaphysique et la physique quantique qui étudie la matière, l’électricité et la chaleur par exemple. Inès Safi nous montre bien des acquis scientifiques : cette étude met en évidence que la « description » d’une particule ne suffit pas. Il est nécessaire d’essayer de prévoir, d’envisager son caractère « prédictible » en termes de probabilité…(cf. dans les cours de physique du 20ième siècle la dialectique onde-particule). L’exemple que donne l’auteur de cet article est pointu, celui de la non-localisation : la mesure d’un élément varie selon son évolution…
La thèse d’Inès voit plus loin, son humilité de savant est conscience de l’absence de consensus. La mécanique quantique ne permet pas de justifier la foi. La science est un produit de l’histoire des hommes. Elle nous révèle la difficulté de décrire la réalité au profit de la conception d’événements tout aussi complexes. La perplexité dans le domaine de la connaissance n’empêche pas cependant la foi y compris celle des soufies, les mystiques musulmans qui font appel tant à l’intuition qu’à la raison. Elle invite de plus à bien faire la science…
Merci à Inès Safi.
Cordialement.
Assalam w a3leykoum,
ce qui est intéressant dans l’intervention d’Inès Safi c’est qu’elle met le doigt sur une tentation que nous avons, nous les musulmans, mais les croyants de cette époque moderne en général, qui est de donner un sens au monde par la science, et de n’utiliser le divin que pour expliquer ce que nous ne comprenons pas... Comme si la révélation était un palliatif au savoir sur le réel. J’ajouterais que, la tentation est forte aussi est d’utiliser le divin contre la science lorsque ses découvertes nous déplaisent. Comme Inès Safi l’indique, celà a pour conséquence de transférer le sens sur l’objet, c’est-à-dire ce que nous étudions et non sur le sujet, c’est-à-dire les serviteurs d’Allah que nous sommes, mais que sont également les objets tels que les montagnes, l’eau etc. Peut-être que cette opposion n’est qu’artificielle ? Le matérialisme, qui pose que tout est matériel et rien de ce qui existe est en dehors de nos sens, et l’idéalisme qui pose que le réel n’est qu’une illusion, ne sont-ils pas à dépasser tout deux ?
Et j’ai apprécié qu’elle ne tombe pas dans le travers des scientistes de chercher des concordances entre l’islam et la science. Souvent d’ailleurs des gens ont "prouvé" le Coran par des découvertes scientifiques qui sont aujourd’hui remises en cause, telle que le big bang... Et c’est cette tentative concordiste qui a poussé l’Eglise catholique apres avoir adopté la science grecque comme vérité éternelle à punir les scientifiques galiléens qui postulaient que la terre était ronde. Et cette persistance de l’Eglise catholique à vouloir affirmer ce qui est vrai scientifiquement de ce qui est faux les a conduit à leur perte. En effet ce qui est sensé se trouver dans la bible n’était rien d’autre que le fruit de concordistes science-religion qui ont "prouvé" que la bible disait que la terre était plate comme les scientifiques de l’époque le pensaient. Et quand la science a démontré le contraire, et un tas d’autres choses, les gens se sont détournés de la religion puisque cette dernière posait sa légitimité sur la scientificité...
http://bader.lejmi.org/
D’après ce que j’ai pu capter d’une transmission aussi défectueuse que les théories dont il est question, tout ce discours est vain et traduit une confusion assez triste, mais bien excusable.
L’excuse est due à ceux (celle, en l’occurrence) qui se consacrent à une spécialité, qui en font leur métier et leur gagne-pain, et qui ainsi sont irrépressiblement conduits à adopter toutes les croyances du milieu dans lequel ils vivent. Pauvres créatures amputées de leur libre pensée, ils vont récitant leur leçon bien apprise sans plus en savoir le degré de véracité.
La confusion triste est celle qui consiste à prendre pour réel un objet hypothétique, ici la particule, qui n’est qu’un terme d’une équation dans le cadre d’une théorie statistique. Je m’excuse d’avoir à vous dire, Madame Safi, que les "paradoxes" de la mécanique quantique ne sont pas des sujets de méditation métaphysique, ils ne sont que la conséquence des assises "statistiques" de la théorie et de son incomplétude. Vous feriez mieux de vous préoccuper des applications, bien réelles, de vos recherches en nanotechnologies, et de leur nocivité malheureusement prévisible pour (contre) l’environnement et la santé.
Superbe Ines, et élégamment expliqué. La référence à El Ghazali tombe à point, car combien il serait intéressant de voir l’humanité se pencher sur la philosophie du moyen orient du X-XIIe siècle.
La science, comme le dit si bien Ines, doit être neutre et c’est pour cela que son language de prédilection est l’outil mathématique.
Mais, je crois que l’on peut aussi utilisez le Coran pour faire des avancées scientifiques à travers une lecture intuitive du Coran, sans pour autant délaisser la méthodologie purement neutre du raisonnement scientifique bien sur. Ce serait fantastique que des scientifiques prennent le temps et le challenge d’élucider certains versets dont la connotation semblent scientifique.
Par exemple dans la sourate 53 sur l’étoile, la mention de Sirius au verset 49 permet une connexion avec la période mesuré de l’étoile double Sirius (49.9 ans). Et par extension à la mesure contemporaine de 49.9 ans, on cherche le verset 9 mentionnant 2 arcs qui ressemble à l’image des 2 orbites d’une étoile double. Mais cela étant, un arc lorsqu’il est tendu présente trois vertex, et donc on peut raisonnablement se poser la question si Sirius est une étoile triple……donc on peut se prendre le luxe d’élaborer un modèle d’étoile triple (très proche de Sirius A ou B) pour Sirius et comparer aux mesures astronomiques et vérifier si ce genre d’intuition est correcte ou non. ….et si cela s’avère le cas, on peut réitérer la procédure précédente à partir du résultat de mesure
Ahh, à tout hasard, comme vous êtes du CNRS, avez-vous connu de votre temps Eva de Mitray ?
Qu’Allah vous bénisse.
Bien cdt
Yusuf
Remarquable Mme Safi, cela fait plaisir de voir des scientifiques de qualité. Votre explication est vraiment rigoureuse.
’expérience d’Aspect est, historiquement, la première expérience qui a réfuté de manière satisfaisante les inégalités de Bell dans le cadre de la physique quantique, validant ainsi le phénomène d’intrication quantique, et apportant une réponse expérimentale au paradoxe EPR, proposé une cinquantaine d’années plus tôt par Albert Einstein, Boris Podolsky et Nathan Rosen.
Cette expérience a été réalisée par le physicien français Alain Aspect à l’Institut d’optique à Orsay entre 1980 et 1982.
Le principe de localité dit que deux objets suffisamment distants ne peuvent avoir d’influence l’un sur l’autre. Il s’agit d’un principe issu de la relativité dont le critère est assez simple : l’intervalle qui sépare ces évènements est de genre espace (il ne peut donc y avoir de relation de cause à effet).
Le principe de non-localité est l’inverse et vient des expériences quantiques et est illustré par le fameux paradoxe EPR : des objets séparés (intervalle de genre espace) peuvent dans certaines circonstances avoir une influence l’un sur l’autre. Cela est rendu nécessaire par l’intrication quantique.
Mamyli a dit : L’intuition de Ghazali nous dit que les êtres sont en relation sans existence propre. Nous retrouvons aussi la métaphysique soufie selon laquelle, seule Dieu est véritablement alors que nous ne vivons que dans le monde des apparences.
Ce que vous venez dire va dans le même sens que la théorie de « Wahdatou al Woujoud » -unité de l’existence- ou panthéisme, qui consiste à croire que les créatures sont en unité avec Allah, Exalté soit-Il, et que Allah, Exalté soit-Il, s’incarne dans toutes Sa création.
A cet égard, Cheikh Al-Islam, Ibn Taymiya, démontra que cette théorie ne fut professée que par ceux qui niaient déjà l’existence d’un Créateur, comme Pharaon et les Qaramitas à titre d’exemple. Selon eux, l’existence d’Allah, Exalté soit-Il, est l’existence même de Ses créatures. Il n’est pas admissible chez eux qu’Allah, Exalté soit-Il, ait créé une autre créature, ni qu’Il soit le Seigneur de l’Univers, ni qu’Il soit Al-Ghani, le Riche Suprême, Qui n’a besoin de personne, et que tout ce qui est en dehors de Lui soit pauvre.
Ils tendent également à considérer que l’existence est une seule unité, que tout ce qui caractérise les créatures comme la beauté, la laideur, la louange, le dénigrement, etc... caractérise en fait le Créateur même.
D’ailleurs, il n’existe pas, selon eux, un "autre" par rapport au Créateur, voire rien n’existe à part le Créateur. Ceci dit, ceux qui vouent leur culte aux idoles n’ont pas associé à Allah, Exalté soit-Il, une autre divinité, c’est que celui qui adore une idole adore en fait, selon eux, Allah Exalté soit-Il.
C’est pourquoi, d’après eux, ceux qui adoraient le veau avaient raison, de même pour Pharaon qui n’avait pas tort, selon eux, en mentant sur son identité divine. Il suffit de citer, parmi leurs propos les moins choquants, qu’ils croient que Pharaon était un croyant innocent de tout péché à sa mort.
Parmi les partisans de cette doctrine, notons Ibn Arabi, l’auteur de Fossous Al-Hikam, Ibn Sabiîne, Ibn Al-Faredh et d’autres,
Un grand merci Ines Safi de nous avoir rappelé cette expérience qui bouleverse notre perception du monde et du rapport à la réalité. Tout simplement subtile de bout en bout.
D’accord Student. La métaphysique nous rend aussi perplexe. Nous croyons en un Dieu transcendant, c’est-à-dire différent du monde. Il est aussi le maître de l’histoire des hommes. Les métaphysiciens parlent d’immanence.
Notre science nous situe sur un plan d’immanence mais découvre que la réalité est indescriptible et que les relations entre les éléments sont prédictibles au moyen de calculs mathématiques et spirituels.
Le concordisme est certes impossible et illégitime en bonne méthodologie. Cela ne nous empêche pas de penser que la métaphysique panthéiste est intéressante parce qu’elle rend compte de nos difficultés à connaître la réalité.
Cordialement.
Liliane Bénard
Ce qui m’interpelle le plus, ce n’est pas l’intervention d’Inès Safi qui en elle-même est fort intéressante, c’est la promptitude du passage de l’interrogation :
« La science confirme-t-elle certaines intuitions spirituelles de l’Islam ? »
à l’affirmation dans le titre de la vidéo :
« Comment la science confirme les intuitions de l’Islam »
je lis ci-dessous : "L’expérience d’Aspect est, historiquement, la première expérience qui a réfuté de manière satisfaisante les inégalités de Bell dans le cadre de la physique quantique".
je tenais juste à préciser que Alain Aspect s’est au contraire appuyé sur les inégalités de Bell.
Je ne suis pas soufie mais je connais Al-Ghazali depuis longtemps et depuis peu Ibn-Arabî. Vous pouvez être persuadé que la métaphysique que vous leur prétez est un énorme contre-sens facile à corriger.
Oublieriez-vous que les soufies sont musulmans, à l’écoute du Prophète de l’islam ?
Une question pourrait être :
S’agit-il de nier l’existence d’un Créateur si seul ce Créateur existe ?
Le concept d’existence est différent de celui d’essence. Celui qui existe est étymologiquement « hors de ». En termes contemporains il est conscient. Quel métaphysicien pourrait dénier à Dieu la conscience à moins qu’il soit athée ? Ghazali et Ibn Arabî ne le sont ni l’un ni l’autre !
Votre exposé porte en fait sur des applications d’une métaphysique. Votre exemple de Pharaon me semble très malheureux puisque précisément il se prenait pour Dieu. Il symbolise l’inconscient par excellence.
Ghazalî était un lecteur du Coran. Il ne pouvait exposer de telles contrevérités. Il est vrai cependant que ce que nous appelons beauté et laideur, louange et dénigrement peut correspondre à des erreurs. Dieu ne dit-il pas dans le Coran lorsque vous jugez une femme sans valeur, elle pourrait bien être bonne pour vous et vous ne vous en apercevez pas (en d’autres termes, vous n’en êtes pas conscients).
Chacun sait aussi que l’adoration du veau d’or était erronée. L’adoration est humaine mais le peuple de Moïse s’est trompé d’objet. Ibn Arabî, autre lecteur du Coran ne faisait pas de tels contresens. Je ne connais pas ceux que vous citez ensuite….
Inès Safi nous invite à son tour à distinguer le sujet de la connaissance et son objet. Pascal au 17ième siècle nous disait : « L’esprit croit naturellement et la volonté aime naturellement mais faute de vrais objets, il faut qu’ils s’attachent aux faux. » Inès montre ainsi que la connaissance de la réalité n’a rien d’évident. Ce que nous prenons pour la réalité pourrait bien être une illusion…
La question métaphysique demeure : qu’est-ce qui est véritablement ? Quels sont les rapports entre l’un et le multiple ?
Elle n’est pas très différente en science même si nous restons sur un plan d’immanence. Il s’agit de connaître la matière et son intérêt pour l’homme. Un exemple me revient qui pourrait être en rapport avec la non-localisation dont parle Inès Safi. Comment se fait-il que l’information contenue dans l’Encyclopédie britannique puisse se réduire à si peu de choses sur une puce d’ordinateur ? Irène Safi nous dit qu’ « une mesure faite à un endroit ne correspond pas à la mesure faite à un autre endroit ». Il y a pourtant des relations et la quantité d’information pour l’homme est la même.
La science demeure sur un plan d’immanence, seule la métaphysique évoque la transcendance. Est-il difficile de penser que de Dieu nous ne pouvons pas avoir de connaissance à la différence de la matière qu’il a créée ? Leur relation est en cause mais la foi nous permet au moins de corriger quelques contresens.
Inès Safi nous parle de la physique de la matière condensée. Elle nous invite à abandonner nos certitudes comme vis-à-vis de la localisation des phénomènes. Elle nous demande de renoncer à notre domination sur le monde et plus encore sur la pensée de nos frères humains tant par des voies physiques que métaphysiques et religieuses.
Cordialement.
Liliane Bénard
Ibn Arabi n’était pas panthéiste. Peu de gens peuvent comprendre ses écrits.
Il n’ y a pas de science exacte, tout est relatif !! Actuellement ; l’homme n’a pas encore les moyens techniques pour connaitre avec clarté et certitude le monde qui l’entoure.
La science est mouvante,certifie une théorie, elle la déclasse le lendemain. C’est la loi du progrès.L’homme ne peut pas malheureusement voir l’éléphant en entier, dans la plupart des cas il voit que la queue !!
Le temps de l’arrogance de la sciense est révolu !!
La vérité est plus grande et plus belle !! à méditer
Ibn Arabi est le plus grand visionnaire de l’histoire, il était le poète de l’âme.
@Syphax syr
"Il n’ y a pas de science exacte,"
Voilà une idée fort répandue malheureusement. Votre assertion est fausse, il y a des énoncés scientifiques qui sont vrais et qui le resteront pour toujours. Quelques exemples de propositions qui ne seront jamais remis en cause : 1) le caractère sphérique de la Terre 2)l’évolution des espèces 3) il n’ya pas de température inférieure au zéro kelvin.
"Le temps de l’arrogance de la sciense est révolu !!"
Il n’a pas d’arrogance de la science, des savants ont employé les sciences pour infirmer l’existence d’un être suprême (comme Fred Hoyle ou Richard Dawkins) mais ils sont restés fidèles aux modalités de l’investigation scientifique. L’arrogance se trouve plutôt du côté de certains religieux qui croient naïvement que leurs Textes suffisent pour expliquer les phénomènes du monde. Notons que ces religieux appartiennent bien souvent à des pays caractérisés par un niveau nullissime en science.
@Mamyli
"les relations entre les éléments sont prédictibles au moyen de calculs mathématiques et spirituels." Parce que pour vous la spiritualité permet de faire des prédictions, permet d’exliquer des phénomènes physiques ?
@Amel
"Un grand merci Ines Safi de nous avoir rappelé cette expérience qui bouleverse notre perception du monde et du rapport à la réalité. Tout simplement subtile de bout en bout"
L’excellente intervenante Ines Safi ne bouleverse rien du tout, les difficultés épistémologiques posés par la mécanique quantique sont connus depuis les années 20, les musulmans sont justes en train de découvrir et d’apprécier la mécanique quantique. Il était temps.
@Bader
"ce qui est intéressant dans l’intervention d’Inès Safi c’est qu’elle met le doigt sur une tentation que nous avons, nous les musulmans, mais les croyants de cette époque moderne en général, qui est de donner un sens au monde par la science, et de n’utiliser le divin que pour expliquer ce que nous ne comprenons pas..."
Gros problème que vous soulevez, les musulmans ont trop tendance à croire que les Textes permettent d’élaborer des énoncés scientifiques. Le pire c’est que certains musulmans n’arrivent même pas à prendre ldu recul et constater que les meilleures nations en science ne doivent rien au Coran !
"découvertes scientifiques qui sont aujourd’hui remises en cause, telle que le big bang"
Depuis quand le big bang est remis en cause ?....
Bien d’accord avec aaaa concernant Ibn Arabi.
Ibn Arabi n’était pas panthéiste. Peu de gens peuvent comprendre ses écrits.
Ibn ’Arabi n’a pas dit expressément cette formule-Wahdatou lwojoud-, mais il a laissé entendre dans plusieurs textes de son œuvre, notamment "Futûhât" et "Fusûs al-Hikam" que "la réalité de l’Être est unique" (Haqîqat al-Wujûd wâhida), et que Dieu est l’Être au sens absolu, le véritable Être.
Je ne sais pas pourquoi la question est revenue sur le tapis, c’est étrange en effet. Ibn ’Arabi a toujours dérangé certains milieux par sa capacité à dépasser les contradictions de la Loi. Non pas qu’il nie ou abolisse en rien la Loi, mais il explore et montre les chemins pour aller bien au-delà. Alors, évidemment, ceux qui veulent enfermer les esprits dans un carcan gris sont surpris et mécontents. Cela a toujours été ainsi.
Cher Mohamed Mathémagicien,
Votre question est la bonne :
« la spiritualité permettrait-elle de faire des prédictions, permet-elle d’expliquer des phénomènes physiques ? »
La réponse est simple : bien sûr que non.
La spiritualité ne permet pas à l’homme de prévoir l’avenir.
Quelle est donc la difficulté ?
Les scientifiques ne sont pas des prophètes mais la science vise à prévoir des transformations de la matière. Elle fait alors appel aux mathématiques. Ces prévisions ne sont pas rien puisqu’elles ont des applications pratiques. Ils ne sauraient pourtant prévoir l’avenir de l’humanité ni le plan de Dieu.
Cette nuance est importante. En effet, le progrès des connaissances de la matière est capital mais il peut être utilisé dans des sens différents. La spiritualité peut lui donner un sens au service de tous les hommes et non seulement des suprêmes savants.
Il ne s’agit donc pas de prédire l’avenir mais de prévoir des moyens nouveaux capables de l’instituer spirituellement.
La nuance intègre à la fois le courage des savants pour mettre au jour du nouveau et l’humilité des spirituels, confiants malgré leur ignorance.
Je ne me sens pas très loin de la thèse d’Inès Safi ?
Cordialement.
Liliane Bénard
salam ’alaykum,
La chercheuse Inès Safi rejoint l’analyse de Nidhal Guessoum dans son livre "réconcilier l’islam avec la science moderne" aux éditions Presse de la Renaissance, qui est une vision juste des choses. Que certains ’alim (savants), voire de grands maîtres comme Ibn ’arabi et Al Ghazali aient une vision mystique du monde, cela est tout à fait vrai et honorable : Allah est le mystère ou Al ghayb, par excellence. Lui cerne toute chose dans sa totalité, mais personne ne peut le cerner, hormis les descriptions et les noms qu’il nous a révélé à travers les révélations.
Toutefois, ce qui me gêne c’est la systématisation du mot soufi. Celui-ci semblerait avoir pris une dimension magique. Or comme le dit si bien Eric Geoffroy dans son livre "le soufisme" aux éditions Points, les premiers soufis, notamment le prophète qui en est l’incarnation et le modèle par excellence, ne se définissaient pas comme tels, mais comme musulmans. Ces termes que l’on nous ressasse à longueur de journées comme soufis, salafis, tablighs, etc. ne font que favoriser des divisions et des sectes, chacun se prévalant d’avoir la meilleure compréhension de l’islam. L’islam est exotérique et ésotérique à la fois et par essence, le musulman de même incarne ces deux dimensions. Dire qu’on est musulman veut dire obligatoirement qu’on a un rapport intime avec le ghayb ou le mystère divin. Pas besoin d’être soufi !
Aujourd’hui nous voyons deux approches pour appréhender le monde, diamétralement opposées, l’une qui se définit comme salaf et qui croit suivre les textes à la lettre et l’autre qui se dit soufi et comprend le sens caché de la lettre. Ces deux courants, l’un instrumentalisé par le régime Saoud pour légitimé son pouvoir que l’on sait facilité par les britanniques ; l’autre, développé par des régimes tout aussi monarchiques tels que le Maroc ou totalitaires tels que la Syrie, qui veulent donner une image d’islam de coloration soufie dont on voit le panel lors de Festivals de chants sacrés, une sorte de nouvelle religion plus ouverte aux occidentaux, l’équivalent de la Khabbale chez les juifs. Ces deux visions extrêmes de l’islam ne permettent pas d’appréhender la réalité de notre religion, parce que trop caricaturales : l’islam est Un, la religion du juste milieu et il n’a qu’un nom : L’ISLAM, et ses adeptes sont les MUSULMANS. Faire le jeu de définir certaines tendances, c’est faire le jeu des divisions et de notre principal ennemi (Satan) qui aime que l’on se définisse autrement que par ce qu’Allah veut.
Salam ’Alaykum.
Waglioni est intéressant. Lorsqu’il s’interroge sur le rapport entre la théorie des quanta et le panthéisme métaphysique.
La science part d’axiomes (indémontrables) et d’hypothèses à vérifier. Nous voyons bien que ça marche. La métaphysique répond à des questions abstraites et fondamentales mais ses réponses demeurent hypothétiques.
Physiciens et métaphysiciens font usage de leur esprit à la recdherche du sens, c’est-à-dire à la fois d’une direction d’un point à un autre et de significations.
La question actuelle est bien entre la physique et la métaphysique. Elle est posée et Inès Safi y répond en toute humilité. C’est l’esprit humain qui se pose des questions et conçoit les moyens d’y répondre. Cet esprit est fait d’intuition et de raison.
Les religieux savent bien que l’Esprit divin est plus proche de l’homme que sa veine jugulaire.
La perplexité soufie est fidèle à la difficulté dont il convient de prendre conscience sans dogmatisme... L’intuition immédiate fait aussi appel à des développements rationnels. La religion ne saurait interdire les progrès de la science ni la science le progrès de la spiritualité.
Cordialement.
Liliane Bénard
Cher Student
Avant de prétendre qu’Ibn Arabi fût panthéiste, il faut lire son oeuvre ainsi que les critiques et commentaires qui ont été fait. Je suis persuadé que ceci n’est pas votre opinion personnelle mais l’avis d’Ibn Taymiya.
Ibn Arabi était conscient d’une réalité, à savoir l’existence d’une périodisation de l’histoire. Il remarquait que les sociétés qui pratiquaient le tanzîh (affirmation de la transcendance de Dieu) venaient toujours à la suite de celles qui pratiquaient le tashbîh (qui consiste à rechercher Dieu dans les formes de Sa création), dans un ordre de succession qui permettrait un rééquilibrage périodique. Que Noé allait à l’encontre d’une société plongée dans l’océan de l’anthropomorphisme, société qui succédait à celle du prophète Idriss (Enoch)qui était marquée par le désir de la transcendance.
L’islam étant la religion du juste milieu, les extrêmes quand bien même se situeraient dans les actes d’adoration, sont néfastes et desservent plus le croyant qu’ls ne le servent.
Il s’agit donc pour Ibn Arabi de prêcher le tanzîh dans le tashbîh, et le tashbîh dans le tanzîh afin d’éviter justement les pièges posés par les extrêmes.
Pour Ibn Taymiyya, homme de droit et de fatwa, le risque était d’évacuer Dieu du monde, qu’Il ne soit plus obéi. Mais pour un homme mystique comme ‘Alâ al-Dawla Semnânî (contemporain d’Ibn Taymiyya), le danger était inverse : c’est que tout devienne Dieu, qu’on ne sache plus distinguer l’Essence sacro-sainte seule à mériter l’adoration, des autres essences créées.
Je vous recommande vivement ainsi qu’à Pierre Meur, Hayat, Sami, rachid et bien d’autres, de visiter le blog d’une de mes connaissances ; vous trouverez certainement des réponses à vos attentes et ne manquerez pas de l’habiter irrésistiblement. http://majlis-al-uns.over-blog.com/
Cher M&M, vous interrogez de façon faussement candide :
« Depuis quand le big bang est remis en cause ?.... »
en ayant l’air d’évacuer une difficulté, alors que la bonne question (dans le cadre du peu d’intangibilité des théories scientifiques) n’est pas telle, et qu’il faut plutôt (se) poser la question
« Depuis quand le big bang est-il sur le tapis des "vérités" scientifiques ?.... »
La réponse est que le BB est venu comme complément à l’explication du phénomène de déplacement vers le rouge du spectre des raies lumineuses des galaxies lointaines (le "redshift"), par analogie avec l’effet Doppler (modulation des fréquences du son d’un objet qui se déplace). C’est toujours ainsi, quand on observe un phénomène et que l’on veuille le faire entrer dans un cadre théorique, on a tendance à "emprunter" une théorie déjà existante. Et cela fonctionne autant que les observations ne viennent pas contredire le bel édifice théorique. Il n’y a aucune vérité absolue dans le modèle du BB, c’est simplement par "commodité", comme aurait dit Poincaré, que l’on peut prendre cela comme explication. Car bien d’autres explications sont possibles pour expliquer la modification d’un signal lumineux émis à de telles distances, mais simplement il est "commode" de choisir l’analogie d’avec le Doppler, avec pour conséquence le BB. Mais en faire une vérité intangible relève de la croyance superstitieuse. Et déjà certains phénomènes sont difficiles à faire "entrer" dans ce modèle.
les spirituels, ignorants ?.
Bigre !.
Les maths se mettent à toutes les sauces. Ils se mèlent à tout et de tout. Ils veulent TOUT mesurer, Tout anticiper, tout prévoir. Ils voudraient TOUT réduire à des calculs mathématiques.
En réalité, ils réduisent tout.
Les scientifiques sont indispensables mais ils ne font souvent que résoudre les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés.
Faut pas être scientifique pour s’en rendre compte, peut-être.
Alors le pseudo de mathé..magicien va très bien à ce Monsieur.
A toute époque, ya des scientifiques qui disent posséder la bonne formule, le Graal ou l’elixir de bonheur ... . C’est récurent.
djamel a écrit :
salam ’alaykum, La chercheuse Inès Safi rejoint l’analyse de Nidhal Guessoum (...)
Intéressante intervention à laquelle j’adhère mais avec un petit souci de signature : Nous portons le même pseudo. Pour une meilleure clarté dans les débats, je vous demanderais de bien vouloir mettre une majuscule D à votre pseudo ou utiliser tout autre artifice pouvant permettre aux Oummanautes de nous différencier. Personnellement, je vous reconnaitrai parmi des millions de djamel... Merci pour votre compréhension.
Chère L B, je ne sais pas si je suis "intéressant" (dit comme cela, d’un personnage romanesque), mais je suis très étonné que vous me prêtiez une préoccupation "sur le rapport entre la théorie des quanta et le panthéisme métaphysique", pour la bonne raison que je ne sais pas le premier mot d’un panthéisme métaphysique. Quand la montagne est belle (pour reprendre l’expression du poète), j’accorde une certaine réalité à l’esprit de la montagne, et je pense qu’elle aussi m’accorde une certaine réalité et un esprit. Mais ni la montagne ni moi ne sommes pour autant "panthéistes".
@djamel (l’un ou l’autre), le site que vous recommandez majlis-al-uns est tout simplement illisible (texte en blanc sur fond noir qui rend aveugle). Mais continuez à donner ici quelques aperçus, si vous le pensez utile. Cette question des "âges" de l’humanité est examinée en détail par René Guénon, on la retrouve évidemment dans la doctrine hindoue, mais aussi dans la tradition chinoise (chute de Lao Zi à Kong Fuzi) etc... On peut aussi la vivre à chaque instant avec cette plongée dans l’abîme qui nous a été imposée par les néocons US-UK et leur valet Sarkozy.
Cher Waglioni,
Votre intérêt pour la science est informé et aussi votre approche d’Ibn Arabî. Bravo pour votre présentation de la théorie du big bang !
Le panthéisme métaphysique est le fruit d’une réflexion humaine. Les montagnes n’ont pas de conscience et ne réfléchissent pas. Elles sont pourtant des symboles pour les êtres humains et inspirent les poètes. On ne saurait confondre le panthéisme et l’animisme, autre concept intéressant. Pour le Panthéisme, tout est en Dieu, ce qui veut dire que tout dépend de Lui et que tout est lié. Paradoxalement des interprètes en ont fait un athéisme ou une conception religieuse. L’animisme multiplie pour sa part les esprits…
Pour Inès Safi, il est important de renoncer au sens commun, au principe du réalisme et de localité. La théorie des quanta comme le panthéisme a donné lieu à de multiples interprétations qui engagent la perplexité des mystiques dans le domaine de la connaissance. Leur foi se fonde autrement sur des expériences intuitives plus certaines. La danse des derviches tourneurs ne rend-elle pas compte d’une cosmologie probante. Elle leur permet une approche de Dieu qu’ils transmettent à leurs frères humains. Les derviches lisent aussi le Coran.
Cordialement.
Liliane Bénard
Al Salam ’Alaykoum
L’arrogance de la science moderne a completement aveugle cette derniere au point de nier le droit d’existence a toute autre science qui ne se plie pas aux contraintes de la mesure et de la quantification imposees par cette science profane.
Frank Wilcek, le prix Nobel 2004 (Asymptotic Freedom) resume de la facon suivante le "Monde de la Mechanique Quantique" :
1-Dans le monde de la Mechanique Quantique, afin d’observer un objet on doit le perturber. "L’observation est un processus invasif".
2-Dans le monde profond de la Mechanique Quantique, afin d’observer un objet on doit le construire en premier lieu (we have to make it first). "L’observation est un processus de creativite" (Seeing is a creative process).
Ceci rejoint le commentaire de Richard Feynmann quand on lui demanda d’expliquer d’ou venait l’equation de Shrodinger : "Ne me demandez pas d’ou vient l’equation de Shrodinger, elle vient de l’esprit de Shrodinger" (Don’t ask me where the Shrodinger equation came from ; it came from the mind of Shrodinger).
Il est tres interessant de constater que les scientifiques modernes ont besoin de leur creativite pour inventer le Monde Quantique, qui devient le "Monde Reel" selon ces memes scientifiques ; un monde qui n’existe que dans leur
imagination. Un monde qu’ils essayent de reconstruire a partir de mesures.
Ceci dit, je voudrais commenter brievement sur l’affirmation de l’internaute djamel qui suggere que la chercheuse Inès Safi, dans son intervention rejoint l’analyse de Nidhal Guessoum (...). Une ecoute plus precise de Ms Safi and une lecture plus precise de Mr Guessoum reveleraient a mon avis deux opinions diametralement opposees sur tous les aspects spirituels ; Ms Safi finit son intervention avec le mot soufi, alors que la lecture de Mr Guessoum suggere le neo-muatazilism a la Sardar.
Ms Safi nous invite a decouvrir Abou Hamed Al-Ghazzali, alors que Mr Guessoum nous invite a decouvrir Ibn Rushd, et dire qu’ils se rejoignent est absolument inexact.
Wa Allah ’alam.
@ babfikran,
Abou Hamed Al-Ghazzali et Ibn Rushd ont donné naissance à travers les siècles à un même débat à propos de la philosophie. Ils étaient tous deux profondément musulmans, animés d’une même spiritualité. Ibn Rushd n’hésitait pas à contredire Ghazzali tout en reconnaissant leur spiritualité commune.
Les savants qu’ils soient hommes ou femmes musulmans ou non ne doivent pas non plus renoncer aux débats. C’est ce qu’a dit Guessoum sur Oumma en 2009.
La théorie des quanta est une théorie physique contestable comme toute théorie. Mais tout travail intellectuel fait appel à la raison (comme les mutazilites) et à l’imagination créatrice (comme les soufies). La raison est la faculté du calcul et les physiciens quantiques y font appel. Ils ne se contentent pas d’imaginer le monde. Ils disent au contraire que le monde tel que nous nous le représentons dans les catégories du temps et du lieu pourrait bien être irréel. Il est quasi indescriptible...
Ils proposent un autre point de vue de l’ordre de la "prédictivité". Il ne s’agit plus d’observer des choses mais des "événements", d’étudier des changements...de voir que les mesures évoluent.
L’imagination est nécessaire pour renoncer au principe du réalisme.
La mécanique a certes évolué permettant la création de nouvelles machines pour le meilleur et pour le pire.
Il n’en reste pas moins que ces progrès proviennent de l’esprit humain. La spiritualité nous permet alors de porter des jugements de valeur quant à leur utilisation. Elle ne nous demande ni de renoncer à notre raison ni à notre imagination mais d’en débattre.
Cordialement.
Liliane Bénard
Cher Waglioni
Je viens à l’instant (19h 00)de vérifier le lien du site : il est bien activé et clairement lisible.
Je renouvelle l’adresse : http://majlis-al-uns.over-blog.com/
Merci de m’informer du résultat.
Le debat, quand il est conduit dans les regles de l’etique (adab), peut etre tres benefique, mais peut aussi bien etre nuisible.
Si l’on parle d’Abou Hamed Al Ghazzali and de Ibn Rushd aujourd’hui c’est parceque les hommes de la connaissance vivent bien apres leur mort alors que les hommes de l’ignorance sont morts vivants (Men of knowledge/gnorance live long after their death, while men of ignorance are dead while still alive).
Si j’ai ose oppose Al Ghazzali a Ibn Rushd c’est peut etre du a mon ignorance, mais ma lecture des textes a toujours revele des differences fondamentales.
Vu que Ms Safi a fini son intervention par le mot soufi, je voudrais, si vous le permettez, mentionner une priere de Rabi’a Al-Adawiyya (RA) qui dit :" May Allah steal from you All that steals you from Him" (Que Dieu te vole tout ce qui te vole de Lui). La science moderne nous a eloigne du sacre sans qu’on le sache.
A la fin de ce voyage, ce ne sont pas les annees dans votre vie qui comptent, mais c’est la vie dans ces annees. (In the end, it is not the years in your life that count ; It is the life in your years).
@djamel, le site est accessible, ce n’est pas le problème. Le problème est qu’il affiche un fond noir sur lequel on peine à lire le texte en blanc. Certains sites font ainsi le choix de prendre leurs lecteurs pour des oiseaux de nuit. Nos amis nyctalopes apprécient certainement.
Cher Waglioni
Dans ce cas , il faut “highlighter” le texte à lire en cliquant à gauche sur la souris. Vous m’avez bien fait rire avec les nyctalopes.
@babafikran
"L’arrogance de la science moderne a completement aveugle cette derniere au point de nier le droit d’existence a toute autre science qui ne se plie pas aux contraintes de la mesure et de la quantification imposees par cette science profane"
Et à quoi ressemblerait cette science qui ne se plie pas aux exigences scientifiques modernes ? Et surtout quelles résultats donnerait-elle ?
Les sciences dites profanes sont les seules à donner des informations profondes sur la réalité. J’entends par réalité, ce que nous percevons, je ne parle pas du noumène qui échappe à notre esprit et auquel on ne peut appliquer aucune catégorisation. Aucune autre discipline, religion ou sprititualité n’a été capable de donner l’âge de la Terre, l’âge de l’Univers ou encore d’affirmer que l’Univers n’est pas statique.
À babafikran,
Oumma propose un séminaire sur l’islam et la science. Il convient à mon avis de connaître la science et de ne pas la diaboliser. Tout croyant recherche la connaissance et s’interroge sur l’objet à connaître et les méthodes nécessaires pour y parvenir. Les jeunes savants croyants ont étudié la théorie de l’évolution et ont bien vu qu’elle ne contredit pas leur lecture du Coran. Inès Safi voit bien que la théorie des quanta ne contredit pas non plus la spiritualité soufie.
Nous pouvons faire confiance aux jeunes sans redouter de mettre en question nos certitudes. Rabia n’a pas eu peur de débattre et d’utiliser des symboles si parlant. Elle contestait pourtant des lectures traditionnelles ?
Cordialement.
Liliane Bénard
Bonjour à tous
Allah disait : Et quand on le leur récite, ils disent : "Nous y croyons. Ceci est bien la vérité émanant de notre Seigneur. Déjà avant son arrivée, nous étions Soumis".
Le Qur’aan est complet et gardé par ALLAH
Que vous êtes soumise ou non ça ne change rien
je vous invite à embrasser l’islam tel qu’il est révélé.
La science est-elle devenu la nouvelle religion a suivre ?
Beaucoup de sujets ont ete aborde par Mohamed Mathemagicien et par Ms Liliane Benard, et beaucoup d’encre a coule sur les sujets comme la "REALITE," et l’Evolution. N’etant ni Philosophe ni Biologiste, je ne m’aventurerais pas a donner une opinion d’amateur sur ces sujets pointus, et je laisserais la place aux experts dans ces domaines : "Quand l’eau est disponible, le "tayamum" n’est plus valide".
Ms Liliane Benard ecrit : "Inès Safi voit bien que la théorie des quanta ne contredit pas non plus la spiritualité soufie". Est ce que les physiciens savent exactement interpreter, au sens fondamental, la theorie des quanta ? Ou fait-on toujours face a une enigme quand il s’agit d’interpreter les resultats dans le contexte quantique ; des resultats qui se manifestent dans le monde classique et qui refletent le monde quantique. Comment reconcilier cela ?
Vu que vous utilisez la "spiritualite Soufie," je vous demanderez aussi, s’il vous serez possible d’expliquer a un simple musulam comme moi ce qu’est "La spiritualite Soufie." Est-ce qu’il y a une spiritualite musulmane differente de la spiritualite soufie ? Est-ce-qu’il y a d’autres spiritualites dans le context Islamique ? (Allah (SWT) dit :"Wayasaloonaka AAani alrroohi quli alrroohu min amri rabbee wama ooteetum mina alAAilmi illa qaleelan". (Al Isra 17:85)). Est ce que cette "spiritualite soufie" a un lien quelconque avec le "Maqam al Ihssan" mentionne dans le fameux Hadith de Jibreel (AS) ? Est ce que cette "spiritualite soufie" a un lien quelconque avec l’ "alliance (english covenant) de "A lasstu bi Rabikum" ?
Al A’raf (7:172) : "Waith akhatha rabbuka min banee adama min thuhoorihim thurriyyatahum waashhadahum AAala anfusihim alastu birabbikum qaloo bala shahidna an taqooloo yawma alqiyamati inna kunna AAan hatha ghafileena"
Mohamed Mathemagicien ecrit : "Et à quoi ressemblerait cette science qui ne se plie pas aux exigences scientifiques modernes ? Et surtout quelles résultats donnerait-elle ?" Cette question anticipe une reponse qui doit contenir une ressemblance a quelque chose de connue par le questionneur. Cela automatiquement implique que toute reponse contenant une science non connue ou non acceptee par le questionneur serait rejetee.
La foi que Mohamed Mathemagicien a en cette science moderne se manifeste simplement dans ses ecrits :"Aucune autre discipline, religion ou sprititualité n’a été capable de donner l’âge de la Terre, l’âge de l’Univers ou encore d’affirmer que l’Univers n’est pas statique." La negation totale "Aucune" suggere que tous les degres de liberte ont ete epuise ; n’est ce pas cela une arrogance "scientistique" ! Depuis quand le monde de la connaissance est devenu disciplinaire ? La religion est devenu une discipline et la spiritualite en est une autre ! Quel est cet ensemble de disciplines ? On devrait relire Cantor sans tomber dans la depression ! La quantification est l’objet principal de cette science moderne, et attribuer un nombre a l’age de la terre, a celui de l’univers ou a celui de l’etre humain n’est qu’un exercise qui ne fait que justifier cet objetif de quantification. Si Einstein a introduit la constante cosmologique dans les equations de la relativite generale c’est parceque la science de son temps suggerait un univers statique (The biggest blunder of his life), mais cette meme constante nous permet aujourd’hui d’interpreter les donnees astronomiques suggerant un Univers en expansion acceleree.
Je vois que je commence a sortir du sujet. Je vais donc m’arreter la, en esperant vous lire sur ce forum.
Wa Allah A’lam.
Babafikran
Ms Liliane Benard ecrit : "Il convient à mon avis de connaître la science et de ne pas la diaboliser". Je ne vois pas comment une critique honnete de la science moderne peut etre qualifier de diabolisation ? l’Islam a toujours invite le musulman a mediter sur la creation de Dieu ; (seek knowledge "I’lm" from the cradle to your tomb) (wa tloubou al-i’lma mina al lahdi ila al lahhdi).
Ms Liliane Benard ecrit aussi : "Les jeunes savants croyants ont étudié la théorie de l’évolution et ont bien vu qu’elle ne contredit pas leur lecture du Coran". Est-ce que le critere de jeunesse, d’age, est un critere necessaire et suffisant a la validation d’une theorie ?
Ms Liliane Benard ecrit : "Rabia n’a pas eu peur de débattre et d’utiliser des symboles si parlant. Elle contestait pourtant des lectures traditionnelles ?" Est ce que cette question est une affirmation personelle subjective ou une affirmation objective avec un temoignage historique ? Quelles lectures traditionelles ont ete conteste par Rabia (RA) (d-185/801) ? Quelles lectures qualifiez vous de tradionnelles a l’epoque de Rabia (RA) ? Peut etre que vous devriez retourner to Al Hassan al-Basri (RA) (d-110/726) ou Abu Mussa al Ash’ari (d-44/668) ou Sufyan al-Thawri (d-162/778) ou Abd al-Wahid b. Zayd (d-133/750). Quels genres de contestation lisez vous dans les poemes d’amour de Rabia (RA) qui puissent suggerer une lecture autre que celle de la tradition prophetique ?
Avec tout mon respect.
Babafikran
babafikran récapitule bien le débat, et il a glissé sur Cantor une allusion qui mérite réflexion :
« On devrait relire Cantor sans tomber dans la depression ! »
il faisait allusion sans doute à l’état chronique dépressif du mathématicien Cantor, qui mourut de cette affection. Cantor est celui qui, aux yeux de ses suiveurs en mathématique, a rendu légitime l’usage des notions de "continu", de "nombres réels" (un comble dans l’outrance langagière) et de l’infini, donc, sans plus se poser trop de questions. Or sa méthode repose entièrement sur l’acceptation implicite de l’infini en acte. On voit tout le crédit que l’on peut apporter aux plus belles théories (certains ont parlé du "paradis de Cantor").
Alors relire Cantor ? D’abord il y faut un peu de temps, mais surtout posséder la langue allemande et tout le vocabulaire mathématique et philosophique de l’époque de la fin du dix-neuvième siècle. Car se fier pour pareille étude, aux traductions, serait abandonner tout espoir d’en avoir une autre vision que celle du traducteur. C’est un peu comme pour le Coran ...
éminemment intéressantes interventions de Babafikran, j’espère que ses interlocuteurs lui répondront.
"Quand l’eau est disponible, le "tayamum" n’est plus valide"..donc je m’éclipse.
wa salam.
Un philosophe se réjouit de voir les participants à ce forum se poser tant de questions. Il doit cependant reconnaître honnêtement et philosophiquement son ignorance. Je ne suis en effet, ni spécialiste du soufisme ni de la physique quantique.
Ma lecture de Rabia m’a bien montré que sa lecture du Coran allait au-delà de la tradition. Ne demande-t-elle pas à Dieu de ne pas agir par crainte de l’enfer ni par désir du paradis mais par amour pour Lui. N’est-ce pas l’expression d’une si belle spiritualité ?
Les questions de la physique quantique ont à mon avis fort peu de rapport avec la finalité de la révélation. Quelles que soient les théories scientifiques, nous apprenons dans le Coran que Dieu est le créateur des mondes. Pourquoi pas alors la source du big bang, de l’évolution des espèces, de la matière etc...
Il ne convient donc pas de comparer le Coran avec un livre de science. Son objet est différent : inviter tous les hommes au salut (au bonheur ici-bas et dans l’au-delà). La recherche de la connaissance "jusqu’en Chine" peut y participer mais les ignorants y sont tout autant conviés.
Cordialement.
Liliane Bénard
Salam,
Dans le Coran, il y a des affirmations qui sont clairement de nature scientifique. A ma connaissance, on n’a pas pas trouvé d’erreur sur les passages du Coran qui traitent de science. Et ceux qui affirment que le Big Bang est contesté ont tort, bien au contraire, aujourd’hui cette théorie est acceptée par l’ensemble de la communauté scientifique.
Le Big Bang s’appuie sur un grand nombre de données scientifiques mesurées, de calculs et de phénomènes observés.
L’évolution (Darwinisme) c’est tout le contraire : cette théorie ne repose sur aucun fait scientifique, toutes les nouvelles sciences vont à l’encontre de cette théorie.
Je ne vois rien de spirituel dans la mécanique quantique même si certains phénomènes restent inexpliqués ou expliqués par plusieurs théories contradictoires (ou divergentes).
Il faut bien distinguer le créateur de la création. Et la création, à mon sens, est bien réelle, elle n’est pas une illusion. Même les créatures que nous ne pouvons voir (anges, démons etc...) sont biens réels.
Pour moi les passages scientifiques que l’on rencontre dans le Coran ont un but : montrer aux esprits éclairés que l’Islam est une religion moderne qui invite à la science et que ce livre n’a pas été composé par un esprit humain.
Ces versets ont catalysé la science moderne. Toute personne avertie sait que la science moderne telle que nous la connaissons aujourd’hui a démarré dans le monde musulman au moyen-age.
Ceux qui ont mécru, n’ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte ? Ensuite Nous
les avons séparés et fait de l’eau toute chose vivante. Ne croiront-ils donc pas ?
Sourate LES PROPHETES,verset 30
Et c’est Lui qui étendu la terre et y a placé montagnes et fleuves. Et de chaque espèce de fruits Il y établit deux éléments de couple. Il fait que la nuit couvre le jour. Voilà bien là des preuves pour des gens qui réfléchissent.
Sourate LE TONNERRE, verset 3
Il a créé les cieux sans piliers que vous puissiez voir ; et Il a enfoncé des montagnes fermes dans la terre pour
l’empêcher de basculer avec vous ; et Il y a propagé des animaux de toute espèce. Et du ciel, Nous avons fait
descendre une eau, avec laquelle Nous avons fait pousser des plantes productives par couples de toute espèce.
“Voilà la création d’Allah. Montrez-Moi donc ce qu’ont créé, ceux qui sont en dehors de Lui ? ” Mais les
injustes sont dans un égarement évident.
Sourate LUQMAN, versets 10 & 11
N’ont-ils donc pas observé le ciel au-dessus d’eux, comment Nous l’avons bâti et embelli ; et comment il est
sans fissures ? Et la terre, Nous l’avons étendue et Nous y avons enfoncé fermement des montagnes et y avons fait pousser toutes sortes de magnifiques couples de [végétaux], à titre d’appel à la clairvoyance et un rappel pour tout serviteur repentant.
Sourate QAF, versts 6, 7 & 8
Il a donné libre cours aux deux mers pour se rencontrer ; il y a entre elles une barrière qu’elles ne dépassent pas.
Sourate LE TOUT MESIRECORDIEUX, versets 19 & 20
C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous
sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). Allah n’a créé cela qu’en toute vérité. Il expose les signes
pour les gens doués de savoir.
Sourate JONAS, verset 5
Ce Coran n’est nullement à être forgé en dehors d’Allah mais c’est la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, et l’exposé détaillé du Livre en quoi il n’y a pas de doute, venu du Seigneur de l’Univers. Ou bien ils disent : “Il (Muhammad) l’a inventé ? ” Dis : “Composez donc une Sourate semblable à ceci, et appelez à votre aide n’importe qui vous pourrez, en dehors Allah, si vous êtes véridiques”.
Bien au contraire : ils ont traité de mensonge ce qu’ils ne peuvent embrasser de leur savoir, et dont l’interprétation ne leur est pas encore parvenue. Ainsi ceux qui vivaient avant eux traitaient d’imposteurs (leurs
messagers). Regarde comment a été la fin des injustes ! Certains d’entre eux y croient, et d’autres n’y croient pas. Et ton Seigneur connaît le mieux les fauteurs de désordre.
Sourate JONAS, versets 37 à 40
Salam.
Essalem Alikoum,
De quelle substance fondamentale la nouvelle physique remplira t-elle l’univers ?Beaucoup de physiciens ont cru savoir de quoi était fait le monde:vide et atomes pour les atomistes grecs,combinaisons de quatre éléments fondamentaux pour les post-socratiques ;aujourd’hui,particules élémentaires ou champs quantiques dans l’espace-temps.
Mais ,il faut remarquer que tout cela est destiné à etre boulversé ?D’ailleurs,aujourd’hui meme,pouvons nous concevoir précisément de quoi sont constitués ces particules élementaires ou ces champs quantiques que les physiciens savants évoquent constamment ?S’agit -il d’une pure énergie,d’une pure vibration,d’une pure géométrie ?d’un substrat indéfinissable ?
Einstein révait d’une théorie unitaire purement géométrique,qui réduirait la substance à la géométrie.Déjà les théories de Jauges décrivent la matière en termes d’une géométrie,celle de L’Internat.La nouvelle physique poursuivra t-elle cette voie ?Au contraire,réduira t-elle la géométrie (de l’espace) à la subsatance ?Certains regards sur les théories des supercordes(non encore vérifiées si elles sont vraies ou pas)suggèrent une telle possibilité.
La matière universelle pourrait etre celle dont sont faites les cordes qui sont que des images,et tout s’y rameneraient,y compris l’espace-temps.Mais tout ceci sera peut etre dépassé par des conceptions radicalement nouvelles.
Ces notions manipulées aujourd’hui couramment-espace,temps, et espace-temps,particules ou états quantiques n’auraient rien évoqué pour les prédécesseurs de l’antiquité.Leurs visions nous paraissent aujourd’hui désuetes.
Mais comment les futures progénitures verra t-elle ces concepts dans un siècle ou deux ?Peut etre qu’elles vont sourire en découvrant ce langage utilisé aujourd’hui,et leur apparaitra délicieusement suranné ?.
Auront -ils adopté une géométrie renouvellée,qui leur sera familière ?Leur aura -t-elle fourni de nouveaux outils pour appréhender les phénomènes,pour modéliser la réalité ?.
Le bouleversement des notions d’espace et de temps qu’implique la physique d’aujourd’hui n’est pas entré dans les moeurs.
La covarience de la relativité générale conduisait à dénier toute existence réelle à l’espace-temps.Lemessage n’est pas passé puisque cette théorie est toujours présentée en référence à l’espace - temps:les concepts n’ont pas suivi.On est donc forcé d’invoquer l’espace-temps,et meme souvent encore l’espace et le temps,pour exprimer les résultats de n’importe quelle observation et le fruits de cogitations de ces physiciens.
Depuis plus de trois mille ans,les progrés de la physique se sont fondés sur les enrichissements de la géométrie,des lieux d’Aristote à la géométrie de Newton jusqu’aux géométriees non euclidiennes puis à la géométrie et la topologie algébriques et aux géométries non commutatives..
Certains jugent l’origine d’un tel succés de la géométrie mystérieux ,d’autres le jugent naturel.
Il est fort possible que l’on n’a pas trouvé de mieux pour exprimer l’harmonie observée dans le cosmos et construire une vision harmonieuse.
Je pense que la solution des notions de localité et de non-localité dans la physique quantique qui est l’une des caractéristiques de la matière renvoie à notre avis à l’idée de la capacité de l’eau à monter la gravité et à son degré de mémorisation informationnel parce que l’eau réagit aux sons qui sont des vibrations(Tasbih dans la tradition islamique),donc différentes energies qui les enmmagasine à sa propre manière et aussi à l’idée de monades de Descartes et de Godel et de Ghazali.Ces monades sont localisables pareillement à l’eau dans sa captation des différentes vibrations.C’est ce que je pense.Essalem alikoum.