Mercredi 19 June 2013
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Alain Gresh : "L’islam a pris une dimension politique dans les médias"

Au programme d’OummaTV, une intervention d’Alain Gresh, directeur adjoint du monde diplomatique, qui souligne qu’il y a 30 ans, l’islam était appréhendé "sous un aspect religieux ou folklorique," mais aujourd’hui se développe dans les médias, une autre vision de cette religion, désormais perçue "comme une menace pour les sociétés occidentales". Cet entretien a été réalisé au cours d’un débat sur le thème "L’islam dans l’espace médiatique" organisé à l’Institut des Cultures d’Islam à Paris dans le cadre des 5e édition des Veillées du Ramadan et dont Oumma.com est un des partenaires.

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Commentaires

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Bonjour

le problème provient de la confusion qui est généralement faite entre l’islam-religion et l’islam-système. cela est dû principalement, au fait que cette séparation n’est pas encore claire dans l’esprit des musulmans eux-mêmes, même si dans la réalité, la page de l’islam système a déjà été tournée et la séparation, déjà concrètement établie, dans la majorité des Etats islamiques. On ne peut donc reprocher aux non musulmans de faire eux-aussi cette confusion et d’avoir peur d’un système même s’il n’a plus cours.

L’islam religion ressemble à toutes les religions, quant aux fondamentaux du système islamique, notammant le droit et l’économie, il sont déjà largement sécularisés, en dehors de quelques niches en matière de droit de la famille ou des droits de l’homme.

Alors, lorsqu’on parle d’invasion de l’islam, ou encore comme kaddafi,qui prédit que l’Europe sera musulmane dans quelques années, il faut raison garder.

Lorsque l’Europe a colonisé le monde, et pas seulement le monde islamique, c’était pour exporter les structures juridiques et économiques de l’Etat moderne, à des société qui étaient encore gouvernées par des pouvoirs patrimoniaux. Cette exportation de l’Etat moderne ne fut certes pas faite dans un but philantropique pour venir en aide à des sociétés en retard par rapport à l’Europe, mais essentiellement, pour organiser les économies traditionnelles de ces pays, au bénéfice des économies européennes.

La question qu’il faut se poser est la suivante : qu’a à exporter le monde islamique à l’Europe d’aujourd’hui ? remplacer la démocratie européenne par l’autoritarisme, l’égalité des sexes par la polygamie, la répudiation ou la lapidation ou encore l’ablation des mains, qui constituent des éléments de la charia, telle qu’elle est encore appliquée dans certains Etats islamiques ? ou peut-être la liberté de conscience par le ramadan qui sera imposé manu militari.

Je crois que les musulmans eux-mêmes, sans parler des européens, n’accepteraient pas que ces pratiques islamiques, mais appartenant à un monde révolu, puissent avoir cours dans une Europe qui, il faut le souligner, a déjà rejeté le système islamique, il y a quelques siècles, pour ces mêmes raisons.

Shems

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Depuis la chute du mur et l’éclatement de l’union soviétique, l’occident a tourné naturellement le dos aux musulmans après les avoir utilisé comme chair à canon contre les communistes rouges grâce aux Talibans surnommés initialement les combattants de la liberté(c’était la belle époque n’est-ce pas, un peu comme la lune de miel où les jolis qualificatifs rivalisent de sonorités poétiques entre les fiancés). Et lorsque le Rideau de Fer est tombé, en 1989, que le pacte de Varsovie a été dissous, le communisme volatilisé, l’URSS réduit de moitié en population, l’OTAN, au lieu de se dissoudre, a étendu ses tentacules jusqu’à une Russie exsangue. On comprend mieux à présent que l’Occident a besoin d’ennemi extérieur pour vendre ses théories de choc des civilisations et dans une moindre mesure de celui des cultures.
Il est évident que sans l’instrumentalisation de la peur et son exacerbation, les gens risquent de réfléchir aux problèmes internes qui secouent leur quotidien. Ce qui n’est pas fait pour arranger les affaires des décideurs qui ont recours à la culture et l’entretien d’une atmosphère malsaine tant sur le plan interne qu’externe. Maintenant nous sommes bien convaincus que la peur fait vendre, fait voter, enrichit les marchands de canons et donne de faux espoirs aux veaux et autres aventuriers en mal de sensations. Mais plus dure sera la chute et les deux crises financières survenues depuis le nine eleven prouvent que la guerre contre le terrorisme n’a pas tenu ses promesses d’un monde meilleur et on est en droit de croire que la situation internationale est bien plus pire qu’à l’époque de Saddam Hussein.

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Quelques soient les motivations de ceux qui utilisent ces termes, on ne peut que se féliciter de l’apparition au grand jour , d’une vérité jusque là inconnue du commun des mortels : L’islam politique, c’est redondant ; il n’y a pas d’islam qui ne soit pas politique. Ainsi le probléme est posé dans sa vérité : 90% des francais sont violemment opposés à ce projet politique ; et plus il sera apparent, mieux ce sera pour un rejet complet, total et définitif. Vivement !

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@Alex.

Le populisme bête et méchant, c’est tout aussi redondant.

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La dimension politique de l’islam est non seulement médiatique mais surtout contestable.

Personne ne nie que tout croyant a des options politiques mais sa foi vise d’abord à se rapprocher de Dieu et non à se soumettre à un ordre politique !

Les medias collent avec les événements qui changent sans cesse, la foi vise l’éternité. Les croyants adhèrent à plusieurs partis politiques, leur foi dans l’éternel demeure.

Qu’en déduire, si ce n’est que la médiatisation de la religion est contingente, différente de la foi au Dieu unique et surtout que la foi ne reconnaît que Dieu pour maître à la différence des politiques qui visent leur pouvoir ? Les médias devraient en être conscients !

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Merci à Oumma pour cette vidéo. Les interventions d’Alain Gresh sont toujours passionnantes à lire ou à écouter. Je recommande vivement, aux lecteurs d’Oumma qui ne le connaitraient pas, le site Nouvelles d’Orient : http://blog.mondediplo.net/-Nouvelles-d-Orient-
Cela dit, je trouve que l’Islam continue d’être appréhendé (malheureusement) sous un jour folklorique comme en témoigne.. l’existence même de ces "veillées" du Ramadan organisées par la Mairie de Paris !
J’ai beau être intéressée par les débats de la programmation et apprécier la musique des artistes invités, je ne me rendrai pas à ces veillées qui, à mes yeux, n’ont rien de spirituel et s’apparentent strictement à de la variété et du divertissement.
Or, pendant le mois de Ramadan, je cherche personnellement autre chose que les concerts de Natacha Atlas ou les débats de société sur l’espace médiatique ... ou que sais-je encore.
C’est un mois au cours duquel on essaie, non sans une extrême difficulté, de s’abstraire des choses de la vie quotidienne, d’en traverser la surface et ainsi ne pas se laisser trop aisément divertir (par le consumérisme, le spectacle etc.)
Aussi, les événements organisés par le centre des cultures d’Islam, en ce mois précis, me font penser aux "semaines orientales" des supermarchés qui emploient cette périphrase pour contourner l’Islam et ne surtout pas dire "Ramadan".