Le Père Christophe Roucou, directeur du Service national pour les relations avec l'islam de la conférence des évêques de France, est l'invité de l'Esprit d'Actu. Il évoque notamment le dialogue le but du dialogue islamo-chrétien.
Un questionnaire bien choisi par Saïd Branine et des réponses claires du Père Roucou.
Une vraie certitude selon laquelle les sceptiques vis à vis du dialogue islamo-chrétien doivent surmonter deux obstacles, l'un étant théologique et l'autre politique.
Il est évident que celui qui aborde les musulmans en disant que la révélation ne passe pas par le Coran et celui qui aborde les chrétiens en disant que leur Bible est frelatée, est mal parti....
Le Père Roucou dit qu'il n'y a pas de préalables à des rencontres humaines. Tous les hommes se trompent et doivent eux-mêmes corriger leurs erreurs, ils ne sont pas moins respectables ! Les fêtes qu'ils célèbrent chaque année, rappellent des relations avec Dieu à travers le temps.
Une distinction fine est à opérer entre religions et politiques. Les initiatives politiques sont critiquables lorsqu'elles veulent utiliser les religions pour développer leur pouvoir. Le pouvoir civil doit gérer la vie commune de citoyens de diverses religions.
Le Père Roucou dit justement que seuls les musulmans doivent choisir leurs imams. Les chrétiens ne vont pas opérer une sélection entre les bons et les mauvais musulmans. Ils rencontrent des croyants, ils sont conscients des rôles politiques qu'ils jouent mais leur dialogue n'a pas lieu à l'abri des pouvoirs. Ils visent peut-être à faire évoluer les pouvoirs, contredisant en actes la guerre des civilisations.
Aucun point de vue théologique ou politique ne peut interdire le dialogue, celui des hommes et des femmes de bonne volonté. La multiplicité des religions et des partis politiques ne contredit pas l'unicité de Dieu ni l'union des croyants.
M. Branine, pensez la prochaine fois à régler votre micro ;-)
Sinon je salue chaleureusement le père Christophe Roucou pour son parcours, son humanisme et sa bonté d'âme qui transparait. Je pense que le dialogue islamo-chrétien doit davantage être centré sur les défis contemporains de societé (structure familiale, education spirituelle face au materialisme, points de convergence entre islam et christianisme..)
Par ailleurs, c'est tout à son honneur de cibler les enjeux lorsqu'il est question de politique ou du religieux. Il ne lui aura pas échappé que le rassemblement de Drancy à l'initiative d'officines politique (CRIF et Chalghoumi entre autres) ne servait pas la cause du dialogue interreligieux, mais autre chose. C'est courageux de sa part.
Hanafy,
Chalghoumi n'est pas une officine politique. Des officines essaient de l'utiliser et les chrétiens n'ont pas été dupes. L'UMP et le CRIF sont des officines politiques.
Chalghoumi est musulman, il est donc un croyant respectable. Son point de vue politique est aveugle comme la plupart des points de vue politiques, à si courts termes ! Tout change : Si un jour les Palestiniens retrouvent leurs terres, il sera question d'autre chose. Son point de vue religieux est plus durable et permet le dialogue.
Ce dialogue n'est possible, vous avez raison de le dire, que si nous en mesurons les enjeux moins en termes de politique que de spiritualité. Il favorise le vivre ensemble et permet de dépasser des contraintes religieuses, raciales et sociologiques, présentes dans chacune des religions.
Le père Roucou a raison de faire confiance à la jeunesse qui réfléchit plus librement. En Égypte, de jeunes musulmans et de jeunes chrétiens donnent l'exemple mais ils sont affrontés à des anciens..
Excellente prestation du père Roucou.
Le logo de "Oumma Tv" forme une petite auréole au-dessus de la tête du journaliste, ce qui est très encourageant pour l'avenir du dialogue islamo-chrétien.
Merci pour cet échange très interessant, et merci au Père Roucou pour ses belles paroles. Tissons des liens encore et toujours entre chrétiens et musulmans face au populisme et à la politique des peurs.
Le père Roucou ne sait sans doute pas que Chalghoumi a demandé l'arrêt de la parution d'Oumma. Il sait bien ce que sont les salafistes pour lesquels les musulmans sont les pires ennemis. Les pieux ancêtres n'en reviendraient pas.
Merci à oumma.com pour ce dialogue avec le Père Roucou qui est quelqu'un de formidable.
En écoutant cet homme sage on se rend compte qu'il connaît parfaitement ce dont il parle.
Sa vision de la situation dans le monde Arabe est très juste et réaliste,et pour ma part je partage son optimisme.
Il connaît aussi très bien les différents courants de l'islam politique et les différentes visions à l'intérieur de chaque courant(cf.sa référence à l'attitude des jeunes frères musulmans est particulièrement bienvenue).
Enfin,il faut saluer l'attitude du Père Courou qui refuse les instrumentalisations politiques(cf.affaire Chlaghoumi),et qui veut un dialogue sur un pied d'égalité avec les musulmans,contrairement à d'autres religions qui tentent de nous imposer des représentants que nous n'avons pas choisi.
Monsieur,je salue votre intelligence,votre courage et votre volonté de dialogue d'égal à égal seul à même de permettre un vivre ensemble harmonieux.
Sarah,
Le Père Roucou précise que les jeunes frères musulmans et chrétiens refusent le mélange religion et politique, au profit d'un droit à la citoyenneté.
Il a expliqué que les politiques ne doivent pas dominer les religieux. Je pense que l'inverse n'est pas meilleur. La quête du pouvoir pourrait bien nuire à la liberté, condition de la religion.
Cet interview est sincère. Le Père Roucou souligne que le dialogue est capable de faire grandir tout un chacun confiant dans l'autre et dans l'avenir.
La sincérité du dialogue ne doit pas interdire d'ouvrir une réflexion sur des questions qui risquent de fâcher. Un exemple est la place de Jérusalem dans la religion musulmane, en lien avec d'autres caractéristiques de l'islam susceptibles de rendre difficile le dialogue inter-religieux.
Pourquoi les musulmans ont-ils voulu faire de Jérusalem la deuxième ville sainte de l'islam ? Historiquement, Mohammed n'a eu aucun rapport avec cette cité, déjà ville sainte des juifs (ancienne capitale du royaume et emplacement du temple détruit) et des chrétiens (lieu de la mort de Jésus).
Croire que c'est de Jérusalem - et précisément des ruines de l'ancien temple juif - que le Messager est monté vers Allah, ne fait partie ni du Coran, ni de la Sunna puisque, par définition, une telle croyance ne peut être née que postérieurement à la mort du Prophète.
(à suivre)
(suite et fin)
Cette croyance relève d'une volonté d'annexer à l'islam ce qui ne lui appartenait pas en propre.
Je comprends la logique de cette ambition : pour clore le cycle des monothéismes, il fallait que l'islam englobe tout ce qui relevait jusque là du judaïsme et du christianisme. Mais c'est cette ambition même qui, vu son caractère artificiel dans le cas de Jérusalem, m'apparaît illégitime.
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Un questionnaire bien choisi par Saïd Branine et des réponses claires du Père Roucou.
Une vraie certitude selon laquelle les sceptiques vis à vis du dialogue islamo-chrétien doivent surmonter deux obstacles, l'un étant théologique et l'autre politique.
Il est évident que celui qui aborde les musulmans en disant que la révélation ne passe pas par le Coran et celui qui aborde les chrétiens en disant que leur Bible est frelatée, est mal parti....
Le Père Roucou dit qu'il n'y a pas de préalables à des rencontres humaines. Tous les hommes se trompent et doivent eux-mêmes corriger leurs erreurs, ils ne sont pas moins respectables ! Les fêtes qu'ils célèbrent chaque année, rappellent des relations avec Dieu à travers le temps.
Une distinction fine est à opérer entre religions et politiques. Les initiatives politiques sont critiquables lorsqu'elles veulent utiliser les religions pour développer leur pouvoir. Le pouvoir civil doit gérer la vie commune de citoyens de diverses religions.
Le Père Roucou dit justement que seuls les musulmans doivent choisir leurs imams. Les chrétiens ne vont pas opérer une sélection entre les bons et les mauvais musulmans. Ils rencontrent des croyants, ils sont conscients des rôles politiques qu'ils jouent mais leur dialogue n'a pas lieu à l'abri des pouvoirs. Ils visent peut-être à faire évoluer les pouvoirs, contredisant en actes la guerre des civilisations.
Aucun point de vue théologique ou politique ne peut interdire le dialogue, celui des hommes et des femmes de bonne volonté. La multiplicité des religions et des partis politiques ne contredit pas l'unicité de Dieu ni l'union des croyants.
M. Branine, pensez la prochaine fois à régler votre micro ;-)
Sinon je salue chaleureusement le père Christophe Roucou pour son parcours, son humanisme et sa bonté d'âme qui transparait. Je pense que le dialogue islamo-chrétien doit davantage être centré sur les défis contemporains de societé (structure familiale, education spirituelle face au materialisme, points de convergence entre islam et christianisme..)
Par ailleurs, c'est tout à son honneur de cibler les enjeux lorsqu'il est question de politique ou du religieux. Il ne lui aura pas échappé que le rassemblement de Drancy à l'initiative d'officines politique (CRIF et Chalghoumi entre autres) ne servait pas la cause du dialogue interreligieux, mais autre chose. C'est courageux de sa part.
Enfin merci aussi à Saïd pour sa prestation.
Hanafy,
Chalghoumi n'est pas une officine politique. Des officines essaient de l'utiliser et les chrétiens n'ont pas été dupes. L'UMP et le CRIF sont des officines politiques.
Chalghoumi est musulman, il est donc un croyant respectable. Son point de vue politique est aveugle comme la plupart des points de vue politiques, à si courts termes ! Tout change : Si un jour les Palestiniens retrouvent leurs terres, il sera question d'autre chose. Son point de vue religieux est plus durable et permet le dialogue.
Ce dialogue n'est possible, vous avez raison de le dire, que si nous en mesurons les enjeux moins en termes de politique que de spiritualité. Il favorise le vivre ensemble et permet de dépasser des contraintes religieuses, raciales et sociologiques, présentes dans chacune des religions.
Le père Roucou a raison de faire confiance à la jeunesse qui réfléchit plus librement. En Égypte, de jeunes musulmans et de jeunes chrétiens donnent l'exemple mais ils sont affrontés à des anciens..
Excellente prestation du père Roucou.
Le logo de "Oumma Tv" forme une petite auréole au-dessus de la tête du journaliste, ce qui est très encourageant pour l'avenir du dialogue islamo-chrétien.
Merci pour cet échange très interessant, et merci au Père Roucou pour ses belles paroles. Tissons des liens encore et toujours entre chrétiens et musulmans face au populisme et à la politique des peurs.
Le père Roucou ne sait sans doute pas que Chalghoumi a demandé l'arrêt de la parution d'Oumma. Il sait bien ce que sont les salafistes pour lesquels les musulmans sont les pires ennemis. Les pieux ancêtres n'en reviendraient pas.
Merci à oumma.com pour ce dialogue avec le Père Roucou qui est quelqu'un de formidable.
En écoutant cet homme sage on se rend compte qu'il connaît parfaitement ce dont il parle.
Sa vision de la situation dans le monde Arabe est très juste et réaliste,et pour ma part je partage son optimisme.
Il connaît aussi très bien les différents courants de l'islam politique et les différentes visions à l'intérieur de chaque courant(cf.sa référence à l'attitude des jeunes frères musulmans est particulièrement bienvenue).
Enfin,il faut saluer l'attitude du Père Courou qui refuse les instrumentalisations politiques(cf.affaire Chlaghoumi),et qui veut un dialogue sur un pied d'égalité avec les musulmans,contrairement à d'autres religions qui tentent de nous imposer des représentants que nous n'avons pas choisi.
Monsieur,je salue votre intelligence,votre courage et votre volonté de dialogue d'égal à égal seul à même de permettre un vivre ensemble harmonieux.
Sarah,
Le Père Roucou précise que les jeunes frères musulmans et chrétiens refusent le mélange religion et politique, au profit d'un droit à la citoyenneté.
Il a expliqué que les politiques ne doivent pas dominer les religieux. Je pense que l'inverse n'est pas meilleur. La quête du pouvoir pourrait bien nuire à la liberté, condition de la religion.
Cet interview est sincère. Le Père Roucou souligne que le dialogue est capable de faire grandir tout un chacun confiant dans l'autre et dans l'avenir.
La sincérité du dialogue ne doit pas interdire d'ouvrir une réflexion sur des questions qui risquent de fâcher. Un exemple est la place de Jérusalem dans la religion musulmane, en lien avec d'autres caractéristiques de l'islam susceptibles de rendre difficile le dialogue inter-religieux.
Pourquoi les musulmans ont-ils voulu faire de Jérusalem la deuxième ville sainte de l'islam ? Historiquement, Mohammed n'a eu aucun rapport avec cette cité, déjà ville sainte des juifs (ancienne capitale du royaume et emplacement du temple détruit) et des chrétiens (lieu de la mort de Jésus).
Croire que c'est de Jérusalem - et précisément des ruines de l'ancien temple juif - que le Messager est monté vers Allah, ne fait partie ni du Coran, ni de la Sunna puisque, par définition, une telle croyance ne peut être née que postérieurement à la mort du Prophète.
(à suivre)
(suite et fin)
Cette croyance relève d'une volonté d'annexer à l'islam ce qui ne lui appartenait pas en propre.
Je comprends la logique de cette ambition : pour clore le cycle des monothéismes, il fallait que l'islam englobe tout ce qui relevait jusque là du judaïsme et du christianisme. Mais c'est cette ambition même qui, vu son caractère artificiel dans le cas de Jérusalem, m'apparaît illégitime.