L'esprit d'actu reçoit aujourd'hui Haoues Seniguer, chercheur à Science Po Lyon, spécialiste de l'islamisme politique. Vous pouvez également retrouver L'esprit d'actu sur Umma-United.com :http://fr.umma-united.com/fr/espritdactu . Toutes les remarques et autres suggestions sur l'émission sont les bienvenues.
Commentaires
Houes Seniguer est un chercheur pointu et académique. L'écouter est un plaisir.
Dénoncer la récupération du religieux par le politique est une certitude mais je me demande si celui qui récupère n'est pas lui-même religieux. N'y-a-t-il pas en fait des religieux conservateurs et des progressistes ?
Un autre paradoxe me vient à l'esprit : dire que les religieux conservateurs n'ont pas de programme politique pourrait contredire le fait qu'ils soutiennent une politique libérale, un libéralisme économique. Seniguer semble dénoncer l'ignorance de religieux. Le problème n'est pas du réfèrent et du vocabulaire, les religieux conservateurs sont en harmonie avec ce libéralisme qu'ils entendent seulement moraliser. Il conviendrait de conserver les apparences.
Le Prophète distingue sa réception de la révélation et sa gestion des affaires d'Etat. il s'interdit une confusion. L'initiative est divine dans le premier cas, humaine dans le second. Il est avec ses frères responsable de sa gestion (...
La pensée du Prophète est complexe. Il ne confie pas cependant sa gestion aux financiers. Elle veut que règne la justice pas seulement en apparence...
Il convient probablement de moraliser la politique et de voir que ceux qui demandent une évolution (voire une révolution) comptent sur des changements à la fois dans la politique et dans la religion en bonne fraternité !
Les femmes musulmanes y compris au Maroc le savent bien.
Non mais là vraiment Monsieur haoues se montre vraiment irréaliste, les islamistes ca ne fait même pas deux ans qu'ils sont au pouvoir comment voulez vous qu'il réglent les problèmes économiques et sociales générés par plusieurs decenies de dictaures ? ca c'est pas sérieux, les dicatures on leur a bien donné sufisament de temps pour détruire leur pays pourtant on arrive pas aujourd'hui à donner un peu de temps aux islamistes pour réparer les dégats et reconstruire leurs pays, allons soyons un peu raisonnable
De quels islamistes parle-t-on?
Il me semble que les "islamistes" sont loin de constituer un bloc monolithique.
Ensuite,depuis quand le parti de la justice et du développement au Maroc fait-il partie des Frères Musulmans??C'est un parti politique propre au Maroc,qui n'a aucun lien organisationnel,politique,ni même idéologique avec la branche historique des FM(égyptiens).
Je pense que Mr.Seniguer a touché le point sensible et faible des "islamistes" contemporains qui est leur libéralisme économique.
C'est un point sur lequel la gauche arabe devrait se concentrer au lieu de parler de voile,charia,Coran,laicité.Car il ne faut pas oublier que la gauche arabe a aussi sa part de responsabilité dans la faillite du débat politique dans le monde arabe:au lieu de diaboliser les islamistes en les traitant de rétrogrades,d'obscurantistes,la "gauche" devrait se concentrer sur l'élaboration d'un vrai programme politique et économique au profit des peuples de la région.
Si les partis politique de tendance "islamique" ne proposent pas aujourd'hui de réelle alternative économique et sociale,il faut aussi reconnaître que c'est le cas également de toutes les autres forces politiques dans le monde arabe.
Où est la gauche arabe,laique,nationaliste aujourd'hui?Elle a été décrédibilisée par sa participation aux répressions dictatoriales,par son échec économique et social,par son oubli de la cause palestinienne,etc.
Il est urgent d'établir un vrai débat politique dans le monde arabe sur les questions économiques,sociales,internationales,toutes tendances politiques confondues.
Il faut cesser d'attaquer les partis politiques 'islamistes" en les diabolisant,en les traitant d'agents qataris,ou sur des questions totalement secondaires comme le port du voile,la laicité,mais il faut aujourd'hui sortir de cette impasse et de ces débats totalement stériles qui ne font en rien avancer les sociétés arabes.
Par ailleurs,j'ajoute qu'il y a une grande différence entre le libéralisme de l'AKP en Turquie(lutte contre la corruption et une croissance économique exceptionnelle cette dernière décennie,la plus forte progression de PIB des vingts dernières années après la CHINE),et celui de Moubarak,de Ben Ali,ou même du Maroc.
Il y a des degrés dans le libéralisme(que je ne défends pas par ailleurs),et la manière dont sont appliqués et appréhendés les programmes sociaux,l'éducation,les sciences, par les différents gouvernements.