Troisième volet de la série d'entretiens avec le philosophe des sciences Jean Staune, auteur du best-seller Notre existence a-t-elle un sens? Le thème d’aujourd’hui est consacré à la conscience. La science peut-elle nous parler de la vie après la mort?
Jean Staune est diplômé en paléontologie, mathématiques, informatique, gestion, sciences politiques et économiques. il a dirigé l'ouvrage collectif Science et quête de sens (Presses de la Renaissance, 2005) qui rassemble 15 co-auteurs dont 4 prix Nobel.
Commentaires
Muhammad Asad nous rappelle que le croyant ne craint pas la mort. Il ajoute cependant que la vie après la mort demeure une réalité inconnaissable. Elle fait partie comme Dieu du ghayb, de l'imperceptible pour l'homme.
Jean Staune nous parle des sciences neuronales qui progressent. Elles mettent au jour la complexité de notre système de représentations. Il n'en reste pas moins que malgré notre richesse mentale, les mots restent différents des choses et de la réalité.
Nous restons en science également dans le domaine de l'interprétation, conscients de Dieu et de nos limites. La conscience demeurant pour l'être humain, différente de la connaissance
Un jour , la science , nous expliquera tous les mystères de l'Univers tel que nous le connaissons ,jusqu'au moindre quark, ne laissant plus aucune place aux doutes - - nous ne sommes pas uniques dans ces immensités (il y à autant d'étoiles dans l'univers que de grain de sable sur terre )et ça aussi les humains finiront par le découvrir un jour à condition qu'ils ne s'autodétruisent pas .
Cette émission va plus loin qu'un point de vue épistémologique vis-à-vis de l'au-delà. Elle pose de véritables questions existentielles.
Saïd Branine interroge Jean Staune sur la conscience et notre rapport avec la mort.
Staune répond même s'il part d'exemples un peu obscurs. Sa thèse est claire : la conscience a des facettes neuronales, nous avons un inconscient mais aussi un certain pouvoir sur le temps. Il cite Benjamin Libet, neurologue californien contemporain : "le temps de la conscience n'est pas le temps des neurones". Elle est déterminée mais dispose d'un "veto" qui la rend libre.
Saïd Branine lui pose alors la question de l'approche scientifique de la vie après la mort.
Staune évoque les expériences de mort immédiate, en anglais Near Death Experience. Sonia Barkallah nous en a dit un mot sur Oumma à propos de son film: Faux départ. Des patients ayant vécu un coma racontent qu'ils ont eu la sensation de se détacher de leur corps. Nous retrouvons la question de notre esprit
Staune a bien dit que notre conscience est conditionnée mais qu'elle n'est pas créée par le cerveau.
Comme le dit le Dr. Pim Lommel à propos de morts imminentes, le cerveau est à la manière d'un téléphone mobile, un émetteur récepteur. Il reçoit l'information, la cote sous forme d'ondes électromagnétiques, ce n'est pas le téléphone qui produit l'information.
J'ai vécu des expériences de mort imminente, à l'occasion d'un accident de voiture et d'une opération chirurgicale. Je n'ai pas eu l'impression de sortir de mon corps mais chaque fois je me suis posée la question de ma mort. La seconde fois, je préférais mourir que souffrir. J'ai quand même décidé de vivre mais cette expérience a vraiment changé mon existence. La mort était une réalité et elle ne devait pas être occultée, chassée du champ de la culture occidentale.
Je crois dans la résurrection de la chair, corps et âme et dans la force de l'Esprit. Ma conscience m'a rendue libre et à l'écoute de Dieu.
Merci pour cette video !
Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,
Merci Oumma.com pour cet entretien enrichissant.
J'ai une question pour les scientifiques : et si la conscience résidait dans l'âme, voire c'est l'âme elle-même dont Dieu Seul a le secret ?
Dans la tradition islamique, on parle non du cerveau ou du coeur mais de l'âme instigatrice du mal, de l'âme réprobatrice et/ou de l'âme apaisée.
Liliane, Palazzo va me prendre pour une zinzin, mais qu'importe ! : il est dit en islam que le sommeil est une petite mort; pour faire court, c'est au cours d'un sommeil dans l'appartement d'une collègue de travail et en état de rêve que je fis l'expérience du corps astral (?) et que je vis mon corps allongé sur le lit et que je pris connaissance de l'existence d'une autre pièce accolée à la chambre. Les étrangetés entourant ce rêve me marquent encore aujourd'hui : ma collègue m'a avoué que la pièce vue en rêve existait réellement et que son beau-frère l'avait condamnée en élevant un mur !
Wa salâm
Chère Justine,
Ton expérience est tout à fait fiable. Il est bien question d'aller au delà de nos capacités actuelles de vision, d'audition etc.
Une telle expérience de mort imminente indique que la mort n'est pas seulement la fin de la vie mais aussi l'accès à un autre monde, en présence de l'éternité et de l'ubiquité.
La mort n'a de sens qu'en relation avec la résurrection. Reste peut-être à s'assurer de moments valables pour l'éternité, c'est-à-dire dignes d'être répétés.
Le croyant n'a pas peur de la mort. Lorsque Dieu a demandé au Prophète de choisir entre la vie et la mort, il a fait usage de sa liberté, don suprême de Dieu. Il avait déjà fait don de sa vie.
Chacun devrait sans doute se préparer à mourir l'instant d'après. Le grand Pascal donnait ce conseil, trop oublié en notre temps.
Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,
Ce que j'ai trouvé après avoir visionné la vidéo "Science et Islam- L'empire de la raison" : "Les preuves scientifiques d'une vie après la mort"
Ma chère Liliane,
Une des limites des possibilités humaines, c'est bien la fermeture d'esprit. J'ai l'intime conviction que nous sommes des récepteurs dont la puissance de réception dépend de notre proximité avec le divin. Et c'est parce que la nature de Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) est la plus pure relativement à sa nature humaine qu'il fut le récepteur par excellence de la Révélation finale ; et l'inspiration divine et les karamates n'accompagnent-elles pas les amis de Dieu ?
Wa salâm
chère Justine, ce que vous décrivez correspond en effet à une expérience de "voyage astral". La phraséologie qui entoure ce phénomène est, hélas, assez datée et marquée du sceau offensant du "spiritisme" et autres fadaises. Pourtant la chose est bien réelle et ne manque pas de rappeler le fameux "voyage nocturne" du Prophète (QDG). Mais ce sont-là notions trop délicates pour être débattues dans un forum ouvert à tout vent.
Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,
Waglioni,
C'est un plaisir de vous lire de nouveau. Vos interventions pertinentes nous manquent.
Vous avez raison pour ce qui est des limites des échanges, mais j'ajouterai ceci : les évènements extraordinaires de la vie des prophètes et des pieux, leurs enseignements, leurs sagesses ont inspiré de merveilleuses histoires fantastiques des temps modernes (cf. Le Seigneur des anneaux notamment) mais également la science (dernièrement, j'ai appris dans les médias qu'un scientifique est en train de mettre sur pied une méthode d'écriture avec les yeux assistée par ordinateur : Dieu ne nous a-t-il pas dit de prier avec les yeux en cas d'empêchement majeur ?)
La foi et la science au service de l'humanité contre les superstitions qui accordent au Malin une illégitime puissance. Quant à "l'irrationnel", il l'est parce que notre savoir est limité : Dieu fait découvrir les lois physiques gouvernant les mondes à qui Il veut.
Wa salâm
Waglioni,
Les spirites se propsent de communiquer avec les morts. Les expériences de mort imminente, near death experiences nous situent ailleurs, comme en présence de la mort. Il s'agit d'expériences vécues.
Des anesthésistes en témoignent, régulièrement à la limite entre la vie et la mort, en salle de réveil et de réanimation.
D'un point de vue philosophique, je ne pense pas que l'on puisse faire divorcer l'âme du corps, même si la conscience ne se limite pas au cerveau. Des recherches scientifiques sont à poursuivre pour découvrir les prodiges de notre conscience, capable de percevoir le passage entre la vie et la mort et de l'envisager comme un don de Dieu.
Notre foi dans la résurrection en est confortée...
Assalâmou alaykoum wa rahmatullâhi wa barakâtouhou,
Chère Liliane,
Vous dites que philosophiquement l'âme et le corps ne peuvent divorcer. J'attire votre attention sur le développement de l'embryon et du battement de son coeur au bout de six semaines alors que l'âme ne s'y dépose qu'au bout de trois cycles de 40 jours.
On peut également méditer sur le cas des comateux et des jeunes gens de la Caverne dont l'histoire est rapportée dans le Coran.
L'âme a-t-elle accès à un autre espace-temps, à d'autres dimensions inaccessibles au corps lourd (Dieu dit qu'Il a fait de nous des corps pesants)? Lors du rêve, l'âme peut passer en un clin d'oeil d'un décor à un autre et rencontrer des êtres connus ou non ; parfois, au réveil, la personne peut avoir l'impression soit d'avoir peu pas du tout dormi, soit d'avoir longuement dormi.
Me tromperai-je en pensant que c'est en état d'inconscience (voire de transe) que l'âme peut accéder au monde des djnoun ?
Allâh est Le Plus Savant.
Justine,
Les questions que vous posez correspondent à une vision traditionnelle de l'homme. Saïd Branine interroge Staune sur cette vision qui est une représentation.
Staune expose que la science invite à des évolutions. La première question portait sur la conscience. Le nouveau né est certes vivant mais sa conscience n'est pas éveillée. Il ne saurait prendre ses distances vis-à-vis de ce qui l'entoure. L'infans des latins (l'enfant en français) ne parlait pas. Lorsque dans le Coran, nous apprenons que Jésus parlait dès sa naissance, il s'agit d'un miracle. La conscience part de l'inconscient.
Staune ajoute qu'elle n'est pas que neuronale, elle ne saurait se réduire à notre cerveau. Preuve en est qu'elle s'interroge sur notre cerveau et son pouvoir de représentation. Elle se demande ce que nous sommes, corps et âme sans divorce possible. Elle juge de la relativité du temps et de l'espace. Elle est capable de se tourner vers le passé, de saisir l'instant présent et de s'orienter ver
Notre conscience nous oriente vers l'avenir. Elle essaie de prévoir. La science a ce projet. Elle essaie de diagnostiquer sur un foetus des handicaps graves, de concevoir les moyens de les dépasser...
Nous avons besoin des progrès scientifiques. Des savants ne nient pas le pouvoir de Dieu, ils reconnaissent aussi la force de l'esprit humain lié avec le corps d'une manière inextricable.
Toute conscience est conscience de quelque chose, nous en étudions le phénomène. Nous pouvons accéder à la conscience de Dieu. Elle fait alors appel à notre coeur et à notre raison. Elle ne nie pas nos rêves...
Les sciences sont en devenir, elles nous invitent à modifier nos visions du monde et nos représentations.
Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,
Chère Liliane,
Le sujet mérite d'être creusé ; Dieu nous invite à méditer sur nos horizons internes pour mieux appréhender notre création et in fine Le glorifier : les hommes et les djinns ont été créés dans ce but.
Je ne serai pas aussi affirmative que vous sur les bonnes intentions du milieu scientifique : certainement ils comptent dans leur rang des hommes et des femmes au service d'une intelligence ne recherchant que le pouvoir, la maîtrise sur toute chose et l'immortalité via la découverte du secret de la vie, de l'âme... ils perdent leur temps... c'est pas demain la veille qu'ils pourront téléporter une âme au corps vieillissant dans une enveloppe corporelle plus jeune. Science sans conscience...
Un lien intéressant :
http://www.maison-islam.com/articles/?p=302
Je médite sur la nécessité pour l'âme de réintégrer le corps lors de la Résurrection pour jouir des plaisirs du paradis ou subir les feux infernaux.
Wa salâm
Nous pouvons peut-être concevoir que l'homme et la femme résuscités disposeront d'une âme et d'un corps tout autres...sans soucis de l'âge, du sexe ou d'handicaps divers et variée !
Le verset sur les houries du paradis est intéressant.
Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,
Oui ma chère Liliane, tout est possible, Dieu est Le Tout-Puissant.
Cordialement wa salâm